mercredi 8 avril 2015

Divas du Nil


Puisque Mort sur le Nil, ce sommet de camp indispensable pour qui aime les garces flamboyantes, les vieilles biques peinturlurées et autres nymphomanes en turbans, a été évoqué dans un récent commentaire, amusons-nous à classer les personnages du pire au plus cool, histoire de voir qui, parmi les noms légendaires du casting, mériterait une nomination aux Orfeoscar.

Néanmoins, je ne reviens pas sur le film en lui-même, à propos de quoi tout a déjà été dit: oui, à l'image de la Tour infernale du même réalisateur, c'est une oeuvre divertissante le temps qu'il faut sans être un grand film pour autant, et oui, c'est surtout l'exotisme, les costumes orgasmiques d'Anthony Powell et plus encore le casting de luxe, qui font le film. Il faut dire que l'intrigue en tant que telle est indigeste, Agatha Christie étant elle-même l'auteur anglophone le plus lourd qui soit (oui, même dans ses romans sérieux sous un pseudonyme, le style est pesant comme tout, malgré un petit talent à poser des atmosphères conflictuelles assez excitantes, avant d'en massacrer aussitôt l'effet pour se réorienter vers des meurtres et des énigmes dont on se contrefiche), et c'est bel et bien de voir les interprètes donner de la couleur à leurs personnages, quoiqu'une performance sur deux soit atroce, qui rend le film appréciable.

Qui s'en sort le mieux, alors?

Les pires

Linnet Ridgeway (Lois Chiles)

En toute honnêteté, la riche héritière se prenant pour le centre du monde est un personnage excitant à souhait qui mériterait d'être classé bien plus haut... n'était-il esquissé par une actrice réussissant l'exploit d'être encore plus mauvaise ici que dans Moonraker, et encore plus oubliable que dans ses caméos dans des films bien plus prestigieux (The Way We Were et Broadcast News). Mais vraiment, ses grimaces et sa tignasse ébouriffée au sommet de la pyramide, lorsqu'elle réalise que sa rivale la suit partout, la font davantage passer pour l'enfant incestueux du Sphinx et d'une vendeuse idiote de gaines en dentelle; tandis que ses fabuleuses remontrances au médecin allemand soulignent son talent à passer, avec une précision inouïe, par pas moins de huit grimaces stupides en seulement trois secondes. Je retire ce que j'ai dit: c'est une performance de génie.

Une bonne alternative? Emily Blunt dans la version télévisée de 2004, où elle épingle à merveille le côté prétentieux de la peste, en particulier lors d'un superbe dialogue de pétasses avec sa fausse meilleure amie, un moment plus que jouissif où l'on entend, entre autres: "Mais pourquoi n'épouses-tu pas ce lord? Il est tellement riche." "Et moi donc. Héhéhé." "Oh, comme tu es méchante avec ta bonne." "Elle s'en remettra. Hahaha." "Belle et riche, je devrais te haïr." "Allons donc, tu détestes déjà tout le monde." "Moi? Ah oui."

Jim Ferguson (Jon Finch)

Salut, je sers à rien, si ce n'est qu'on avait besoin d'un témoin pour raccompagner la folle furieuse agitée de la gâchette à sa cabine, afin de faire avancer l'histoire.

Une alternative? Alastair Mackenzie dans la version télé, bien plus intéressant en aristo communiste sûr de lui, bien décidé à voler dans les plumes d'une vieille rombière conservatrice pour demander la main de sa nièce empotée. 

Louise Bourget (Jane Birkin)

Gnagnagna, et ça pleurniche pour servir le thé, et ça pleurniche en croisière, et gnagnagna, et ça minaude pour faire plier une garce qui ne lui versera jamais le moindre centime de plus. Heureusement que le personnage sait quand même saisir les opportunités quand celles-ci se présentent, sans gagner en charisme pour autant. A noter aussi que Jane Birkin se double elle-même dans la version française... de telle sorte que le seul personnage supposément français devient aussi le seul à parler avec un accent anglais. Bien joué.

Rosalie Otterbourne (Olivia Hussey)

Si la Juliette de Zeffirelli ne s'était pas suicidée dix ans plus tôt, serait-elle devenue cette jeune femme insignifiante au possible, qui a quand même le mérite de dire les choses en face à ceux qui la mettent dans l'embarras? Quoi qu'il en soit, l'actrice n'est pas mauvaise dans sa minuscule scène de larmes, mais comme celle-ci ne dure que dix secondes, elle peine évidemment à marquer les esprits, en n'ayant rien d'autre à se mettre sous la dent.

Une alternative? Zoe Telford dans la version télé, où elle transforme le personnage en une flapper jalouse bien plus flamboyante, avec tout ce qu'il faut d'émotion pour briller dans plusieurs registres, tout en piochant allègrement dans la garde-robe de Maggie Smith dans la version qui nous occupe.

Andrew Pennington (George Kennedy)

Un homme d'affaires véreux parfaitement standard qui a au moins le mérite d'avoir une bonne bouille d'enfant de chœur pervers lorsqu'il projette d'aller escroquer sa pupille depuis son bureau new-yorkais.

Colonel Race (David Niven)

Un personnage sympa cinq minutes qui conserve un certain panache grâce à son épée déguisée en canne, même si son humour tout britannique tombe constamment à plat.

Simon Doyle (Simon MacCorkindale)

En soi, le personnage est une tête-à-claques à qui l'on doit toujours parler comme à un gentil petit chien de compagnie, mais il sait tout de même réagir en certaines occasions, et sa place centrale dans l'histoire le rend plus consistant que les caricatures précédentes. Un bonus: son petit polo entrouvert dans la chaleur de Gizeh, qui le rend bien plus sexy que ses collègues (mais vu la concurrence en face, ce n'est pas très difficile).

Les plus fun

Hercule Poirot (Peter Ustinov)

En théorie, le héros est absolument imbuvable, tout du moins sur le papier, mais Peter Ustinov réussit l'exploit d'en faire un personnage sympathique, certes imbu de lui-même et souvent moralisateur, mais aussi assez compatissant et toujours prompt à user d'humour noir, même devant un cadavre. Ça lui fait gagner des points, et sa composition reste nettement plus légère, même dans ses gestes les plus maniérés, tel le doigt agité sous le nez de David Niven, que l'atroce caricature d'Albert Finney dans l'Orient-Express (nommé pour un Oscar pour ça???). 

Herr Dr. Bessner (Jack Warden)

Un autre personnage bouffi d'importance qui n'a pas, pour sa part, le besoin de faire la morale à tout le monde, morale qu'il transgresse allègrement avec sa clinique aux soins douteux à base d'urine de mule. Quoi qu'il en soit, avec son accent germanique réussi et le mépris universitaire dont il se drape pour jouer à la diva offusquée, l'acteur prête constamment à sourire malgré son air peu avenant.

Jacqueline de Bellefort (Mia Farrow)

Comme la plupart de ses collègues, Mia Farrow a déjà été bien plus mémorable ailleurs, et sa performance dérive parfois vers quelque chose d'assez lourd dans ses expressions interloquées. Peu importe, le personnage est jubilatoire et attire constamment la sympathie sans trop la chercher, sans compter que toutes ses apparitions rocambolesques en plein désert, pour y aller de son petit commentaire sur l'architecture antique, sont à mourir de rire dans leur outrance, surtout quand l'actrice, foulard au vent, arbore un sourire de satisfaction tellement exagéré qu'on se demande si elle n'a pas sniffé de la poudre de pharaon en plein orgasme pour en arriver à un tel point d'extase.

Miss Bowers (Maggie Smith)

Là, nous entrons dans le trio de tête, une triade de choc tellement au-dessus du lot que c'est bel et bien parmi ces dames qu'il faut chercher la plus méritante pour une nomination. Sans avoir ma préférence, Maggie Smith reste une concurrente de choix pour son portrait camp à souhait de crypto-lesbienne ultra-virilisée, veston-cravate et cigare à l'appui, qui fait toujours preuve de sarcasme envers sa patronne diabolique en lui envoyant plein de répliques assassines à la figure. En fait, chacun de leurs dialogues est un grand moment en soi, en particulier le savoureux "You bloody old fossil!" qu'elle jette à Bette Davis, preuve que leur alchimie fait des merveilles.

Salome Otterbourne (Angela Lansbury)

Mais plus camp encore que Maggie Smith, c'est bien Angela Lansbury qui est en passe de s'imposer comme le véritable moteur du film, avec son personnage chargé d'alcoolique nymphomane se promenant toutes voiles dehors, et dont chaque froufrou et chaque turban ferait pâlir de jalousie les drag queens les plus exigeantes. Portée par sa voix chaleureuse et sa capacité à se vautrer avec allégresse dans les abysses de ridicule d'une Barbara Cartland sous acide, Lansbury livre ainsi une composition détonante constamment drôle, en particulier lors d'un superbe tango érotique (quand elle se courbe, le bras sur le visage: mythique!), et lorsqu'elle chancelle sur le pont pour retourner à sa cabine, après avoir énoncé sa thèse sur le désir sexuel devant tous les passagers, histoire de bien enfoncer le clou. La séquence où le personnage se glorifie de pouvoir faire une révélation capitale est elle aussi à mourir de rire, avec tous ces gestes ampoulés de la main qu'a parfaitement su capter l'actrice.

Mrs. Van Schuyler (Bette Davis)

Cependant, malgré tout mon amour pour Maggie Smith et Angela Lansbury, c'est quand même Bette Davis qui s'impose comme mon grand coup de cœur nilotique, notamment pour sa capacité à sortir des sentiers battus et s'amuser avec le scénario, au lieu de jouer à la vieille bique rigide du roman. Ainsi, on adore la voir titiller Maggie Smith au fil des séquences, on adore l'entendre dire des répliques telles "Temper, temper, Bowers!", "Well, you should be grateful. If he hadn't, you would have missed out on the pleasure of working for me." ou "You need a nice cool holiday. I was thinking of a trip along the Gobi Desert!"; on adore la voir rire aux phrases désobligeantes que lui lance son infirmière pour rendre les coups, on adore la voir tout observer derrière sa grosse loupe, on adore la voir se cacher dans un placard avec un visage maquillé comme pour un spectacle de kabuki, et l'on adore sa collection de chapeaux! On dirait vraiment mon pendant féminin dans quarante ans, et rien que sa façon de dire "Wrongy!" ou de rire, très fière d'elle, après avoir fait chanceler Maggie Smith me la rend extrêmement sympathique. Angela Lansbury a sans doute un plus gros effort de composition à faire, mais Bette Davis est merveilleuse même en ne faisant rien, et l'exploit est à saluer mille fois.

Nominations possibles: Meilleurs costumes pour Anthony Powell, avec victoire plus que probable, et meilleur second rôle féminin pour une ou plusieurs actrices, à choisir entre Bette Davis, Maggie Smith et Angela Lansbury. Éventuellement meilleure musique originale pour Nino Rota, mais c'est moins prioritaire.

Prochain casting camp à classer: Murder on the Orient-Express (1974). Entre les princesses russes, les divas américaines, les secrétaires flamboyantes et les peignoirs chinois, on sait d'ores et déjà qu'on ne sera pas déçu du voyage.

samedi 4 avril 2015

Weekend!

C'est le weekend, l'occasion pour nous de retrouver dix actrices malencontreusement égarées dans les images suivantes. Attrapez-les toutes!

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Bon weekend!

jeudi 2 avril 2015

Les dix meilleurs rôles de Bette Davis.


Qu'on se le dise: il n'est rien de mieux qu'un film avec Bette Davis. En effet, je n'aime rien tant que passer une soirée devant l'une de ses performances, au point de revoir ses plus grandes œuvres au moins une fois par an, sinon plus. Il faut dire que celle que l'on peut légitimement qualifier de plus grande actrice du monde allie à son immense talent l'avantage d'avoir tourné dans des chefs-d'œuvre sous la direction des meilleurs réalisateurs de son temps (Wyler, Curtiz, Goulding, Mankiewicz), en plus d'avoir su durer dans un monde peu favorable aux actrices vieillissantes, même s'il faut reconnaître en toute honnêteté que rien de ce qui a suivi son retour triomphal de 1950 n'arrive à la cheville de la première partie de sa carrière.

Mais Bette n'en reste pas moins la reine incontestée de la période 1938-1942, très probablement la période la plus excitante de l'Age d'or d'Hollywood, d'où une admiration décuplée de ma part. Et puis, elle est aussi la toute première actrice classique que j'ai découverte, avec Vivien Leigh, au sortir de l'enfance, et icône gay oblige, je me suis tout de suite identifié à ses personnages originaux, un peu divas, voire très drama queens sur les bords, de telle sorte que Bette Davis fut vraiment mon modèle absolu dans la construction de mon identité au collège et au lycée, quitte parfois à être en total décalage par rapport aux gens de ma génération. En outre, étant moi-même un garçon très mélodramatique à l'intérieur, des phrases comme "With all my heart, I still love the man I killed!" ou "Fasten your seatbelts, it's going to be a bumpy night!" sont à mon goût des sommets de naturel que je pourrais sortir en n'importe quelle occasion si je suis ému. Je vis donc une histoire passionnée avec les héroïnes de Bette Davis, aussi était-il tout naturel que nous commencions cette série par elle.

Mais trêves de bavardages, et passons sans plus tarder au top 10 de ses meilleurs rôles, une liste établie après mûre réflexion mais où seul le top 5 coule de source. Pour les autres, la plupart de ces performances sont inamovibles, mais je pourrai vraiment les inverser au gré de mes humeurs. J'ai aussi hésité avec deux autres rôles pour la dernière place, avant de me tourner finalement vers:

10 ~ Mr. Skeffington (1944)

La plus honnie de ses performances, tout du moins parmi celles qui lui valurent une nomination aux Oscar. Et je suis d'accord pour dire que ce n'est pas son meilleur rôle, mais ça mérite amplement une place dans le top puisque Davis a le mérite de faire preuve d'originalité en jouant une femme entièrement superficielle, bien loin des héroïnes fortes qu'on lui connaissait alors, et force est de reconnaître que c'est un vrai challenge de devoir piquer l'intérêt deux heures durant avec si peu de profondeur d'esprit. Ça n'empêche nullement l'actrice de creuser justement en profondeur pour étoffer le rôle malgré la limite imposée par la personnalité de Fanny, et là où beaucoup ne voient qu'une série d'exclamations stridentes et de sourire grinçants, je décèle une véritable force de caractère qui permet à l'héroïne de mener les autres par le bout du nez l'air de ne pas y toucher. En fait, on sent bien que l'actrice accentue avant tout l'égocentrisme pour ne pas verser dans la stupidité, et c'est évidemment le bon choix. Par ailleurs, Fanny Skeffington lui permet également de briller dans le registre comique, ce qui n'est pas habituel chez la reine du drame sauce Warner, et chaque battement de paupières est à mourir de rire. Enfin, la performance se termine par quelque chose de très authentique et d'assez touchant lorsque l'héroïne se regarde, à présent flétrie, dans les miroirs, après s'être ridiculisée en public en continuant de minauder. Le rôle est donc vraiment riche et divertit constamment. A vrai dire, à chaque fois que je regarde le film pour voir ce qui déplaît tant aux autres, je me retrouve systématiquement conquis.


9 ~ The Private Lives of Elizabeth and Essex (1939)

1939 fut une année très chargée pour l'actrice, compensant alors sa défaite dans la guerre d'obtention du rôle si convoité de Scarlett O'Hara par une boulimie de projets prestigieux, dont cette superbe romance historique flamboyante où chaque couleur est à ravir (je fais une fixation sur le bleu des fenêtres), et où Davis campe rien de moins que la plus célèbre souveraine britannique, dont le caractère bien trempé lui va comme un gant. En effet, l'actrice y est autoritaire à souhait, son charisme crève l'écran, et la performance est toujours très richement ornée, avec tout ce qu'il faut d'humour (le fou rire avec Essex), de regret (la reine, provoquée par une rivale, se regardant vieillie dans un miroir), de colère (le jeu d'échec), de larmes mais aussi de compassion (le dialogue avec Nanette Fabray) pour nuancer le personnage constamment. En outre, bien qu'ils se détestassent sur le plateau, l'alchimie avec Errol Flynn est crépitante, et l'on notera aussi le courage de la star de s'être rasé le haut du crâne pour ajouter au crédit physique de sa performance. Dans la lignée des grandes épopées aventurières de Curtiz, et porté par la plus belle partition de Korngold, le film est d'ailleurs l'un de mes préférés de l'année, et Davis n'y est pas pour rien. N'importe quel autre moment, elle aurait même décroché une nomination aux Orfeoscar pour cette composition.


8 ~ A Stolen Life (1946)

Malgré un rebondissement improbable, mais délicieusement mélodramatique, La Voleuse n'en reste pas moins un exploit, aussi bien technique qu'interprétatif, Bette y incarnant deux jumelles que rien ne peut distinguer, si ce n'est leur caractère. Kate, l'héroïne, est douce voire parfois masochiste à force de tout accepter sans rechigner, mais la comédienne lui donne tant de force de caractère dès le départ, avec tout ce qu'il faut de répondant et d'intrépidité, pour la rendre immédiatement captivante et piquer l'intérêt tout au long du film. A l'inverse, la teigneuse Patricia manque de subtilité, mais elle est si vigoureusement incarnée qu'on ne peut s'empêcher d'avoir un petit pincement au cœur lorsqu'un drame la frappe de plein fouet. Par moment, le jeu de Bette reste typique du cinéma hollywoodien de ces années-là, telle sa façon de s'effondrer à l'annonce des fiançailles, mais elle reste malgré si vivace et audacieuse, cherchant toujours à nuancer les deux sœurs, qu'il est difficile de ne pas être conquis. En outre, donner l'avantage à l'héroïne dotée du meilleur caractère lui permet de rompre quelque peu avec ses ogresses du reste de la décennie, et ça fait un bien fou de voir Bette Davis triompher une fois n'est pas coutume dans la gentillesse et l'abnégation. En définitive, malgré un scénario impossible à prendre au sérieux, cette performance double reste excitante tout du long grâce à l'aplomb d'une actrice qui n'a décidément rien perdu de son mordant.


7 ~ Now, Voyager (1942)

Plus masochiste encore que Kate Bosworth citée à l'instant, voici Charlotte Vale, l'héroïne d'un film qui ne fait pas l'unanimité dans mon entourage, mais que j'adore envers et contre tout. Peut-être cela tient-il de ce que cette délicieuse croisière au Brésil, qui permet au personnage de sortir de sa chrysalide, reste le film-phare pour tout homosexuel vivant mentalement dans les années 1930/1940. Quoi qu'il en soit, il se dégage de ce rôle quelque chose de très parlant pour moi, voire de très séduisant, et force est de reconnaître que si le personnage est un sommet de masochisme (avec en point d'orgue la réplique à sa nièce la main crispée sur la théière), virant méchamment en sombre manipulatrice qui se met à régenter la vie d'une pauvre innocente bien davantage dans le but de se rapprocher de l'être aimé que pour son bien à elle, il reste bien difficile de ne pas être touché par ses aventures. La transformation sur le bateau est ainsi délicieuse, et j'apprécie tout particulièrement la façon qu'a l'actrice de présenter, dès son premier dialogue avec Claude Rains, toute l'intelligence de cette femme pourtant éclipsée par ses sourcils. On sent vraiment une force bouillonnant en elle, dans la continuité logique du regard défiant lancé à la mère par la jeune fille lors de sa première croisière, et l'on ne perd donc jamais l'intérêt pour cette histoire. Reste à savoir si Davis a vraiment perçu le côté malsain du personnage ou si c'est moi qui l'interprète de cette façon-là.


6 ~ The Little Foxes (1941)

L'une des raisons pour lesquelles Bette Davis reste mon idole absolue, c'est bel et bien le tandem qu'elle a formé avec William Wyler le temps de trois films, que j'ai bien du mal à classer tant chacun reste un chef-d' œuvre incontestable. Après avoir trôné en tête pendant bien longtemps, The Little Foxes est celle des performances que j'aime désormais un peu moins que les autres, mais ça n'en reste pas moins un rôle cinq étoiles et une extrême réussite, bien qu'il manque un petit quelque chose. En effet, Bette s'est volontairement restreinte afin de ne surtout pas imiter Tallulah Bankhead qui venait de triompher à Broadway dans le même rôle, d'où une performance apparemment moins nuancée, dominée par un masque de cire rendant l'héroïne plus dure encore que dans la pièce. En revoyant le film, j'aurais peut-être aimé une fragilité un peu plus marquée afin de rendre l'interprétation plus riche encore, mais nous féliciterons tout de même la comédienne pour sa volonté de proposer une caractérisation originale. De toute manière, c'est un feu d'artifice d'un divertissement sans égal: en particulier parce que l'actrice y réussit l'exploit de tout dire avec un visage figé lors d'une scène de haine violente absolument jouissive, sans surprise le plan le plus célèbre du film. En outre, la voir adapter son comportement en fonction de chaque partenaire (n'oublions pas qu'elle craint ses frères bien qu'elle les défie), est impressionnante: Regina sait faire preuve de séduction en société malgré son côté venimeux. Malgré tout, on aurait aimé un surplus d'émotions: celles-ci sont bien présentes, mais j'aurais adoré voir Tallulah brosser un portrait avec davantage de nuances.


5 ~ What Ever Happened to Baby Jane? (1962)

Si Bette Davis fut connue pour sa rivalité fort médiatisée avec Miriam Hopkins le temps de deux films, rien n'égale le duel nucléaire qu'elle entreprit contre Joan Crawford dans le mètre étalon du grand-guignolesque à l'hollywoodienne, où rien n'est plus jouissif que voir deux monstres sacrés se torturer mutuellement, l'un à coups de pieds et de rats morts, l'autre à coups de sonnette si irritants qu'on a presque envie de s'introduire dans leur villa pour couper l'électricité! Quoi qu'il en soit, c'est un rôle qui demande beaucoup d'expressivité, et l'on saluera l'énorme courage de l'actrice qui se vautre ainsi dans des flots de ridicule assumé faisant parfois trembler de terreur, en particulier lorsqu'elle se balade dans son salon avec un gros nœud sur la tête, et parlant ou chantant comme une petite fille de cinq ans. Je préfère en général les performances un peu plus subtiles, mais dans ce registre exacerbé si particulier, la réussite est bien au rendez-vous. Néanmoins, n'oublions pas de saluer la composition de Crawford, qui souffre si bien et ne perd jamais une occasion d'être agaçante sous ses airs de grande dame moralisatrice, bien que Davis domine davantage le film à force de sombrer inexorablement dans la folie. Quoi qu'il en soit, l'alchimie entre les deux stars fait des merveilles, et ce qui aurait pu n'être qu'un film d'horreur pour vieilles gloires en fin de carrière se métamorphose en direct en chef-d’œuvre camp dont peu d'actrices auraient pu sortir indemnes. Davis et Crawford l'ont fait: honneur à elles!


4 ~ The Letter (1940)

Un nouveau chef-d’œuvre de William Wyler, et un nouveau triomphe d'interprétation. En effet, dans un monde où tout n'est que rayures et moiteur tropicale, l'actrice prend le parti de tout exprimer uniquement avec ses regards pour bien révéler le caractère froid d'une meurtrière qui se donne un côté respectable devant ses intimes, de quoi lui permettre d'exprimer avec une intensité rare toute une palette d'émotions, depuis l'assouvissement le plus glacial d'une pulsion vengeresse à l'inquiétude torturée de la seconde partie, en passant par le défi teinté de mépris lors d'une rencontre mythique et silencieuse avec l'autre personnage féminin. Tout se lit dans les yeux de l'héroïne, et son histoire se suit avec un rare degré d'excitation, alors que le personnage ne devrait théoriquement pas susciter de sympathie. La scène la plus jouée est également celle qui lui permet de donner la meilleure réplique du film, et ce n'est pas pour me déplaire, sans compter qu'elle parvient à exprimer de la honte tout en soutenant le regard de son mari. On sait que l'actrice et le réalisateur n'étaient pas d'accord quant à cette scène: Davis voulait détourner le regard car elle estimait qu'aucune femme un brin honorable ne pourrait regarder son époux dans les yeux pendant une telle réplique, mais c'est Wyler qui eut le dernier mot, ce qui permit à sa muse d'atteindre au zénith dans cette scène de honte défiante. Vraiment, une composition magnifique dans un sommet du film noir.


3 ~ Jezebel (1938)

Plus je revois ce film, plus je le trouve parfait, et il en va de même de la performance d'actrice qui réussit l'exploit de composer un personnage aussi sympathique dans son dynamisme, son avant-gardisme et sa repentance non dénuée d'intérêt, que manipulateur dans ses provocations en tous genres. Et même si la performance est plus jouée que dans La Lettre, beaucoup de choses passent aussi par le regard, en particulier la scène où Julie lève lentement les yeux vers son soupirant pour le faire céder alors qu'elle n'est pas vêtue de façon appropriée pour le bal; et surtout cette prodigieuse scène de déception incrédule dont on ne se lasse pas. Alors qu'il y avait mille façons d'incarner ce sentiment, Bette a fait le choix révolutionnaire de ne surtout pas verser dans la facilité du cœur brisé: elle ne perd jamais rien de sa force de caractère, se refuse momentanément à croire à l'annonce avant de finalement faire bonne figure le temps de mûrir sa vengeance. Et c'est bien avec cette sorte de choix d'interprétation que Bette Davis est définitivement entrée dans la légende! Ajouté à une atmosphère de Vieux Sud extrêmement excitante, ce rôle atteint un degré de divertissement extraordinaire et gagne des points chaque année.


2 ~ Dark Victory (1939)

Malgré tout, la meilleure performance de la plus glorieuse période de Bette Davis reste à mon avis la jeune héritière mourante de Victoire sur la nuit, l'un des rôles préférés de l'actrice elle-même, et ce dans un film très réussi où elle évite constamment tout mélodrame en choisissant au contraire de rester toujours dynamique et spontanée afin d'alléger un propos déjà assez lourd sur le papier. Davis y est vraiment lumineuse, en particulier dans la longue dernière séquence soulignant à la perfection la perte des facultés visuelles, et peut-être plus encore dans la scène de l'écurie où l'héroïne accepte enfin l'irrémédiable. C'est touchant et toujours plein d'entrain, et c'est de loin son meilleur rôle de 1939.


1 ~ All About Eve (1950)

Assurément, l'une des performances les plus iconiques de l'histoire du cinéma. En effet, on n'a jamais atteint un tel degré de perfection dans l'alliance talent d'actrice / aura de star, et c'est sans doute le plus bel hommage qu'une comédienne pouvait faire à sa profession, en plus d'être la performance la plus humaine de la carrière de Davis. On a du mal à croire que le rôle n'était pas prévu pour elle à l'origine, car chaque nuance, chaque punchline et chaque regard passablement agacé sont tellement ceux de Margo qu'il eût été impossible qu'elle ne fût pas incarnée par Bette Davis.


Voilà où j'en suis. Parmi le reste de sa filmographie, j'ai également vu: Waterloo Bridge (1931), Hell's House (1932), The Man Who Played God (1932), So Big! (1932), The Cabin in the Cotton (1932), Three on a Match (1932), Ex-Lady (1933), Fashions of 1934 (1934), Jimmy the Gent (1934), Fog Over Frisco (1934), Of Human Bondage (1934), Housewife (1934), Bordertown (1935), Dangerous (1935), The Petrified Forest (1936), Marked Woman (1937), That Certain Woman (1937), It's Love I'm After (1937), The Sisters (1938), Juarez (1939), The Old Maid (1939), All This, and Heaven Too (1940), The Great Lie (1941), The Bride Came C.O.D. (1941), The Man Who Came to Dinner (1942), In This Our Life (1942), Watch on the Rhine (1943), Old Acquaintance (1943), The Corn Is Green (1945), Deception (1946), Winter Meeting (1948), June Bride (1948), Beyond the Forest (1949), Payment on Demand (1951), Another Man's Poison (1951), Phone Call from a Stranger (1952), The Star (1952), The Virgin Queen (1955), The Catered Affair (1956), Pocketful on Miracles (1961), Hush... Hush, Sweet Charlotte (1964), Connecting Rooms (1970), Madame Sin (1972), Lo scopone scientifico (1972), Burnt Offerings (1976), Death on the Nile (1978) et The Whales of August (1987), ainsi que des téléfilms tels Out There - Darkness (1959), The Disappearance of Aimee (1976), Strangers (1979) et Murder with Mirrors (1985).


Si je devais sélectionner dix autres rôles parmi cette liste, ce serait: The Cabin in the Cotton, pour son dynamisme et sa séduction qui volent la vedette aux autres acteurs; Ex-Lady, pour son approche moderne d'un sujet délicat; Of Human Bondage, pour sa prise de risque démentielle à l'époque, même si le résultat n'a pas aussi bien vieilli qu'on l'aurait voulu; Bordertown, pour sa plongée révolutionnaire dans la folie; Dangerous, la version d'Of Human Bondage qui a curieusement mieux vieilli que le projet d'origine; The Petrified Forest, pour sa capacité hors pair à incarner une jeune fille cultivée en décalage avec son milieu social; That Certain Woman, pour son jeu fabuleusement moderne dans une histoire datée; The Old Maid, parce que Bette Davis en vieille fille est toujours un succès; Old Acquaintance, parce que son charisme tranquille est le parfait contrepoint au déchaînement comique d'une Miriam Hopkins en très grande forme; et Strangers, une prestation sublime, et un grand duel d'actrices avec la non moins mythique Gena Rowlands. Dans l'absolu, les années 1950 furent la période la moins intéressante de sa carrière puisqu'elle y a perdu son inventivité et s'est contentée de recycler des tics habituels, à l'exception de Virgin Queen où sa présence "rabelaisienne" fait mouche. Mais Juarez, All This, and Heaven Too, The Great Lie, Sweet Charlotte, Connecting Rooms et Death on the Nile n'en restent pas moins des performances tout aussi alléchantes. Bref, j'aime cette actrice!


Pour finir, amusons-nous à établir un top 10 de ses meilleurs films. Après quelques minutes de réflexion, ça donnerait quelque chose comme: 1. All About Eve, 2. The Little Foxes, 3. The Letter, 4. Waterloo Bridge (où elle ne fait cependant que de la figuration, mais le film est un chef-d'œuvre), 5. Jezebel, 6. Dark Victory, 7. The Private Lives of Elizabeth and Essex, 8. Now, Voyager, 9. What Ever Happened to Baby Jane? 10. The Petrified Forest.


PS: Vous aurez constaté un léger retard dans le programme annoncé. Je manque actuellement d'inspiration pour finir 1956 et n'ai pas le temps de revoir certains films, donc publication décalée pour ce début d'avril. En outre, je viens d'entamer un marathon Norma Shearer ces dernières semaines, avec entre autres sept films inédits. Résultat, grâce à l'ouverture des Orfeoscars aux années 1920, ses nominations orfeoscariennes viennent de doubler: que je suis content! Cependant, comme il me manque encore ses films des années 1940, j'attends un peu avant de jouer avec elle, aussi le prochain Top 10 Performances sera-t-il consacré en toute logique à... Joan Crawford!

samedi 28 mars 2015

Traumatismes

Je n'arrive pas à dormir. L'occasion de parler des scènes qui m'ont le plus traumatisé dans mes récents visionnages, afin de conjurer le mauvais sort et de trouver le sommeil le plus rapidement. L'exercice est d'ailleurs intéressant car j'ai appris depuis des années à intérioriser toutes mes émotions et à ne surtout rien montrer en public, si bien que je reste parfois de marbre devant pas mal de films qui en choquent beaucoup d'autres, de quoi donner encore plus de force à mes propres traumatismes cinématographiques. Parmi les exemples contre-productifs, on notera entre autres que The Shining me fait mourir de rire, que The Silence of the Lambs m'angoisse davantage pour la déco intérieure très kitsch du meurtrier et moins pour son goût douteux en matière de vêtements, et que le massacre de la Saint Barthélemy dans La Reine Margot ne me fait absolument par sourciller. Heureusement, je sais aussi être sensible, et voilà donc les dix traumatismes les plus éprouvants qui m'ont affecté, par ordre chronologique.

Stella Dallas (1937)

Ce n'est pas forcément l'œuvre qu'on attendrait dans cette liste, mais Stella Dallas n'en contient pas moins la séquence la plus éprouvante de la décennie à mes yeux, lorsque l'héroïne, vêtue de façon proprement scandaleuse, s'avance au milieu de la bonne société en vacances. On pressent tellement les moqueries à venir qu'il m'a fallu mettre le film sur pause un moment avant d'affronter la scène en question.

The Collector (1965)

Je n'avais jamais été claustrophobe avant cette expérience. Maintenant si, et malgré mon goût prononcé pour les pervers en tous genres, le joli minois glacial de Terence Stamp n'est pas fait pour me rassurer. Et tout ça est d'autant plus angoissant qu'on a toujours la sensation qu'une porte est ouverte non loin, sans pouvoir l'atteindre cependant. A vrai dire, le film a beau divertir constamment lors du visionnage, le recul fait vraiment froid dans le dos, au point de m'avoir conduit à entrouvrir ma fenêtre en pleine nuit d'hiver de peur qu'on ne bloque ma porte.

The Towering Inferno (1974)

D'accord, l'histoire est totalement bidon (avec en point d'orgue la chaise-téléphérique entre deux immeubles) et les personnages ont la profondeur d'esprit de Playmobils dégénérés, mais il n'empêche, ce film est un traumatisme notoire malgré sons aspect divertissant à souhait. Pourquoi? Mais parce que faites-le descendre cet ascenseur bon sang, avant que... Trop tard. A la limite, j'aurais presque pu supporter que ce soit quelqu'un d'autre qui y passe, n'importe qui mais pas...

Blue Velvet (1986)

Alors là, on entre dans l'année qui bat tous les records, et qui sera la mieux représentée dans la liste. Et si j'ai pu tenir péniblement pendant la première partie avec oreille arrachée et masque à oxygène, le tout dernier tiers à bien failli m'achever entre cache-cache dans un placard, lobotomie et cette tête horrifiante de Dennis Hopper dans les escaliers. L'acteur est sans doute mon choix pour le prix du meilleur second rôle cette année-là, mais pas sûr que je pourrai revoir le film pour analyser sa performance en détail.

The Fly (1986)

Autre traumatisme de l'époque, The Fly est l'un des premiers films dont j'ai entendu parler, car c'était passé à la télé dans mon enfance. Evidemment, on m'avait interdit d'y jeter un coup d’œil, mais la bande-annonce était restée gravée dans ma mémoire jusqu'à ce que j'hérite du DVD il y a quatre ans. Résultat: j'ai tenu le coup sans jamais être horrifié, ni par le hachis parmentier de babouin, ni par le maquillage de Jeff Goldblum, ni par l'enfant terrible de Geena Davis, ni par les vomissements acides sur le bras du collègue. Mais c'était sans compter sur la transformation finale, une expérience si traumatisante que j'en ai tremblé toute la nuit sous la couette, et comme, pour couronner le tout, mon ami d'alors était en stage cette semaine-là, la seule solution de secours a été de regarder un film débile avec Pierce Brosnan à 4h du matin pour me calmer, c'est dire à quel point ça m'avait retourné. D'ailleurs, je ne remercie pas les éditions Découvertes Gallimard qui ont eu la bonne idée de coller la seule image du film que je n'étais pas disposé à revoir sur la quatrième de couverture consacrée à leur tome "Monstres". Merci, vraiment. J'ai découvert ça il y a deux jours et j'ai actuellement peur de me lever avant l'aube pour aller chercher un verre d'eau. Merci bien.

Schindler's List (1993)

Un film traumatisant pour des milliers de raisons, et principalement pour l'erreur d'aiguillage du train vers Auschwitz, avec la scène de la douche consécutive. J'en étais pétrifié, comme tout le monde j'imagine. A cela s'ajoute le recul qui rend encore plus marquantes les effusions de sang lors des fusillades.

Temptress Moon (1996)

On le sait que les films avec Gong Li se finissent rarement sur une ronde du bonheur au milieu de fleurs des champs, mais quand c'est cette fois-ci l'arsenic qui vient s'acharner contre l'un des meilleurs personnages du film, le résultat est si effroyable que finir fou à lier dans une demeure glauque passerait pour un sort très enviable en comparaison.

The Pianist (2002)

A peu de choses près, une œuvre aussi choquante que La Liste de Schindler, mais plus particulièrement pour la séquence des haricots renversés sur le sol, et sur lesquels se jette un homme affamé: insoutenable. Je ne pourrai jamais revoir ce film.

Maria Full of Grace (2004)

Une expérience si terrifiante sur la façon de faire passer la drogue en Colombie qu'il est littéralement impossible de déglutir pendant tout le film, tant ce qu'on voit semble aberrant.

Zero Dark Thirty (2012)

Certes, le montage est si bien fait qu'on sait déjà ce qui va arriver avant même que ça n'ait lieu, mais cette séquence dans le camp américain n'en reste pas moins mon dernier traumatisme en date.

Au tableau d'honneur, j'ajouterais: La Passion de Jeanne d'Arc, avec ces gros plans, ces murs dénudés et le visage torturé de Renée Falconetti qui donnent la sensation d'être coincé dans une situation insupportable sans issue de secours; Un chien andalou, pour ces deux secondes irritantes à glacer le sang; What Ever Happened to Baby Jane?, pour cet enfouissement dans le pathétique si douloureux qu'on a envie de prendre Bette Davis dans ses bras pour la consoler; The Trojan Women, pour le cri de Vanessa Redgrave qui donne le sentiment d'une désolation la plus absolue; A Woman Under the Influence, pour le retour dévastateur de Gena Rowlands chez elle; ou encore Zodiac, avec ces meurtres en série et une ambiance bien chargée en tension.

C'est tout ce qui me vient à l'esprit pour le moment.

vendredi 27 mars 2015

J'ai cinq ans!

Ami(e) francophone, dix actrices hollywoodiennes se cachent dans les images suivantes. Sauras-tu les retrouver?

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Tallulah offrira un cadeau à qui trouvera le plus vite! Bon weekend!