Affichage des articles dont le libellé est Linda Darnell. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Linda Darnell. Afficher tous les articles

dimanche 14 août 2016

My Darling Clementine (1946)


Autre passage obligé de 1946, voici le western annuel de John Ford. En général, j'aime les westerns pour leurs images de cactus verdoyants sur fond de ciel bleu et de terre ocre, mais les histoires me touchent assez peu. C'est exactement le cas ici: les déserts du Far West sont très chaleureux même en noir et blanc, mais je n'arrive pas à m'intéresser à ce qu'on nous raconte. My Darling Clementine reprend en fait les thèmes habituels du justicier venu mettre de l'ordre dans une ville corrompue (Wyatt Earp devient marshal de Tombstone pour ce faire), de la vengeance (il recherche les assassins de son frère), et du duel final dans des rues vides, dans cette reconstitution de la célèbre fusillade d'O.K. Corral.

Le scénario mobilise également les poncifs féminins propres à chaque western: la cabaretière volcanique à la Marlene Dietrich dans Destry Rides Again, et la jeune fille de Boston débarquée là on ne sait trop pourquoi, à la Louise Platt dans Stagecoach. Le film porte d'ailleurs assez mal son nom, puisque la fameuse Clementine reste ultra secondaire malgré ses liens ambigus avec Wyatt Earp et son principal antagoniste. Quoi qu'il en soit, l'histoire n'est pas follement complexe, mais on suit le tout sans désintérêt particulier, malgré quelques artifices un peu pompiers telles la découverte du meurtre sous la pluie, ou la brune incendiaire qu'on doit calmer en la poussant dans un abreuvoir. Le problème pour moi, c'est que le casting ne m'inspire pas du tout: Henry Fonda m'ennuie à force de jouer les types biens sans expressions d'un film à l'autre, Victor Mature et Linda Darnell ne sont pas du tout ma tasse de thé, et si je ne connaissais pas Cathy Downs avant de m'intéresser à 1946, elle ne me donne pas une furieuse envie de voir ses autres films. J'appréciais Tim Holt après les Amberson et la Sierra Madre, mais mon intérêt a fortement décru, d'autant qu'il ne fait rien ici; et du coup, les seuls acteurs qui auraient pu m'émouvoir sont soit réduits à leurs stéréotypes habituels, comme Walter Brennan jouant un méchant plus ou moins charismatique, soit réduits à de la figuration, tels Jane Darwell qu'on ne voit pas si l'on cligne des yeux au mauvais moment, et Alan Mowbray en acteur raté trop raffiné pour la société de Tombstone.

Donc, l'histoire me touche peu et le casting encore moins. Pourtant, My Darling Clementine reste une formidable réussite visuelle. Déjà, les décors naturels de Monument Valley sont à couper le souffle avec leurs nuages et troupeaux qui enrichissent chaque étage du cadre, mais Joseph MacDonald ne se contente pas de photographier ça joliment: les contrastes nocturnes, les grappes de lampes à huile dans les scènes d'intérieur, les jeux de lignes croisées (un cactus apparaît entre les poteaux d'un péristyle tandis que la jambe de Wyatt Earp coupe le plan en deux), les drapeaux flottant au vent à côté de l'église, les étendues blanches de la route, la façon de filmer un chariot dans le désert pour augmenter la puissance d'une scène... Voilà autant de choses merveilleuses qui font de ce western un excellent cru. Dommage que Joseph MacDonald soit en compétition avec lui-même cette année pour The Dark Corner, mais son génie à passer d'un registre à l'autre avec de multiples détails parfaitement travaillés doit être salué. Le montage de Dorothy Spencer, qui a œuvré sur les plus grands films américains de la décennie dont Stagecoach, est lui aussi hors de tout reproche, ne serait-ce que pour la séquence époustouflante de course-poursuite à travers le désert, avec des coupes sur des hommes chevauchant dans deux directions opposées, histoire de rehausser le suspense, et des gros plans sur des chevaux épuisés. Le duel final est également digne des plus grands westerns malgré son air très conventionnel.

Moralité: My Darling Clementine a beau ne pas être parfait, et n'être pas le plus grand chef-d’œuvre du genre pour moi, le soin apporté à l'ensemble mérite un bon 7/10. Dommage que l'histoire me captive peu, mais on ne peut pas reprocher à un western de se focaliser sur des justiciers et des hors la loi dans une cité corrompue.

mardi 26 juillet 2016

Anna et le Roi de Siam (1946)


Comme je le précisais l'année dernière à propos du remake musical des années 1950, doublé par Marni Nixon tristement disparue avant-hier, l'histoire d'Anna Leonowens, la gouvernante britannique bien décidée à apprendre les bonnes manières aux petits princes de Thaïlande, a tendance à me lasser. Une nouvelle visite au film de John Cromwell vient de confirmer la donne: on a au moins le mérite de nous épargner les chansons niaises de Rodgers & Hammerstein et les interludes d'une demi-heure sur La Case de l'Oncle Tom, mais du coup, on s'ennuie d'autant plus. Il faut dire que la musique de Bernard Herrmann a beau tenter de s'inspirer du style de cour mahori, le résultat est loin d'être mémorable à l'écran.

Quoi qu'il en soit, pour éviter de nous assommer avec des leçons de thé ou d'alphabet, le scénario tente d'amorcer d'autres pistes. Mais à l'image du Roi et moi, celles-ci sont évacuées d'un revers de la main en moins de trois secondes: le protectorat, la réception des ambassadeurs, la formation d'un consulat, etc. Toutes ces questions politiques, qui soulignent l'influence des trois personnages principaux, Anna, le roi et le premier ministre, sont en effet à peine évoquées, avant de faire parfois un retour triomphal dans l'histoire quand on ne sait plus où les caser, comme le souligne le défilé des consulats européens au Siam sur la fin, sans qu'on nous apporte aucune conclusion sur les démêlés du pays sur la question du protectorat. A propos des frontières, on voit juste une grosse croix apparaître sur la carte du Cambodge, à jamais perdu pour le royaume, mais c'est bien tout. La question religieuse est quant à elle traitée exclusivement sur le mode comique. On apprend donc que "Moïse est un idiot", débat fort enrichissant s'il en est, mais on ne nous dit jamais rien sur les propres croyances des gens du Siam, le pays où se déroule l'histoire tout de même! En outre, alors que le Kralahome, l'équivalent local du premier ministre, prend la peine de détailler pendant une bonne minute le programme de festivités en lien avec la foi siamoise, rien des merveilles promises n'est montré par le film. Il faut alors attendre un événement tragique pour avoir droit à un misérable feu d'artifice vu depuis une fenêtre, et autant dire que si c'est là la coutume la plus exotique qu'on a à nous offrir, on n'est pas franchement dépaysé. Ne reste donc que deux choses: la mission d'éducation de la gouvernante, et sa volonté d'obtenir une maison à l'écart du palais. Ce deuxième point est relativement drôle, à mesure qu'Anna apprend à toute la cour à chanter Home, Sweet Home jusqu'à ce que le roi cède. Mais une fois que l'héroïne obtient gain de cause, retour aux services à thé et aux moulinets à la cuillère. A vrai dire, même un rebondissement tragique comme le sort de la concubine fugitive est traité par ellipse: ça tombe comme un cheveu sur la soupe, ce qui oblige les personnages à expliquer que la jeune fille s'était enfuie depuis plusieurs semaines, ce qui n'est pas suggéré par le montage puisqu'on la voyait en classe cinq minutes auparavant! 

Pour les trois quarts de film restants, on a uniquement droit au travail d'éducation entrepris par Anna. C'est à double tranchant. Pour commencer, le générique précise sans vergogne qu'Anna arrive dans un pays de "barbares", histoire de bien faire peur au spectateur américain lambda, pour qui l'Angleterre doit déjà représenter un sommet d'exotisme. Il est vrai qu'être invitée par le roi en personne pour apprendre l'anglais à ses enfants doit être au moins aussi terrifiant que d'être vendue pieds et poings liés à une horde de Francs saliens, mais passons. Par la suite, on se gausse méchamment d'un roi qui se prend pour le soleil, oubliant par-là même que certains monarques d'Occident faisaient de même il n'y a pas si longtemps. Bon, peut-être pas en Angleterre, mais le mépris à peine voilé des ambassadeurs envers leur hôte est un peu trop moisi pour me passer de cette réflexion. Et puis, ce n'est pas comme si Victoria était une femme particulièrement accessible, quand bien même Anna tente de la faire passer pour un modèle de progressisme face à Mongkut. Après coup, le scénario tente de limiter les dégâts en présentant un roi et un premier ministre éduqués et curieux de tout, ou encore une épouse royale capable de mettre Anna devant ses propres lacunes culturelles en lui expliquant la signification des fresques siamoises, mais à ces rares exemples près, les manières britanniques sont toujours présentées comme supérieures aux coutumes thaïes. Certes, faire la révérence est déjà un peu plus honorable que de ramper comme un ver, et certes, immoler une favorite coupable est hautement répréhensible, mais pour le reste? Quand Anna parle de religion, c'est surtout pour vanter la supériorité de la Bible sur des dieux locaux dont on ne verra jamais la couleur, quand elle voit le roi apprendre à manger avec des couverts, c'est évidemment pour arborer un petit sourire réprobateur d'institutrice en se disant qu'elle va avoir bien du travail à faire, et quand il s'agit d'en mettre plein la vue aux ambassadeurs, on décide de vêtir les concubines à la manière de Sissi impératrice. On notera encore que le film fait un usage trop abondant de langue anglaise, la question des traducteurs étant rapidement évacuée pour montrer le roi s'adresser en anglais à des sujets qui ne doivent pas en comprendre un mot, mais qui obéissent tout de même pour les besoins du scénario.

En filigrane apparaît le gros problème du film, la traditionnelle question du whitewahsing. Je ne peux pas dire que je sois choqué: ce problème est aussi vieux que le cinéma, et on ne saurait attendre d'un film hollywoodien de 1946 qu'il soit progressiste de ce point de vue. Mais on regrettera tout de même l'absence totale d'interprètes réellement asiatiques parmi les rôles identifiables. Disons que pour une personne qui regrette précisément que son propre métissage asiatique soit imperceptible après plusieurs générations, voir des profils parfaitement caucasiens badigeonnés de jaune est frustrant. Le pire: les acteurs parlent tous comme des demeurés au rythme de trois mots par tranches de dix secondes, et ça met très mal à l'aise, surtout Gale Sondergaard, dont le phrasé affreux de créature soumise tranche beaucoup trop avec la culture du personnage, qui a déjà appris l'anglais auparavant. Inutile de dire qu'on a du mal à s'émouvoir pour elle lorsqu'elle confie enfin ses états d'âme à la gouvernante, en lui révélant à quel point elle est isolée. De son côté, Rex Harrison fait quand même de son mieux pour ne pas rendre son interprétation indigeste: sa performance reste néanmoins stéréotypée, mais il évite l'abominable caricature d'Yul Brynner en composant un véritable être humain capable de raffinement. Quant aux seconds rôles, tous sont très agaçants, mention spéciale à la servante geignarde incapable de se projeter dans le futur, et à Linda Darnell, qui a l'air à peu près aussi concernée par son personnage que moi par la question des maisons de retraite en Haute-Loire. En réalité, seul le toujours solide Lee J. Cobb parvient à marquer les esprits en premier ministre distingué. Dommage que son maquillage très sombre soit aussi prononcé...

La meilleure performance est néanmoins donnée par... devinez qui... Irene Dunne. Comme toujours, elle rend son personnage irrésistible au prix de sourires espiègles qui l'enrichissent grandement, elle est également très drôle lorsqu'elle ne peut retenir un fou rire en se voyant installée à son insu au cœur du harem, et surtout, son raffinement et sa détermination rehaussent le capital sympathie de la gouvernante, surtout quand celle-ci se bat pour l'honneur des dames dans un embryon de propos féministe. Dans tous les cas, Irene donne beaucoup de fraîcheur à Anna, sauf quand elle fait des siennes pour mieux narguer le roi une fois qu'il cède à ses requêtes, mais l'impression reste tout de même très positive vu le personnage de départ, une austère personne convaincue de sa supériorité sur le reste du pays. L'exploit de l'actrice est qu'elle tempère parfaitement les excès de l'héroïne, en se montrant notamment aimante envers toutes ses élèves. L'arrivée d'événements tragiques lui permet encore d'explorer de nouvelles facettes de son jeu très riche, si bien que le seul reproche qu'on puisse lui faire est qu'elle ne surprend jamais: c'est l'interprétation dunnienne par excellence, tout est très bon, mais on reste en terrain connu.

Moralité: si la divine Irene reste un atout de choix, Anna et le Roi de Siam dure tout de même bien trop longtemps. Paradoxalement, les rebondissements dignes d'intérêt, tel le croisement des cultures avec la réception des ambassadeurs, sont extrêmement courts, de telle sorte qu'on passe les trois quarts du film à observer Irene Dunne arpenter les interminables suites du palais pour écrire des lettres, sans qu'il y ait plus de mouvement. Les deux épilogues tragiques qui se bousculent dans la dernière demi-heure n'arrivent pas non plus à relancer le rythme car l'un est montré de façon quasi elliptique pour ne pas choquer un public trop sensible (par contre, exhiber la concubine et son amant lacéré de coups de fouet sur le bûcher, ça ne pose visiblement aucun problème), et l'autre traîne en longueur pendant pas moins de dix minutes. Les très beaux décors de William Darling, Lyle Wheeler et Thomas Little donnent tout de même assez d'éclat à l'ensemble pour en rester à un petit 6-.

mardi 1 mars 2016

Orfeoscar de la meilleure actrice 1949

Voici ma liste internationale concernant les actrices de 1949, une année qui m'a longtemps posé problème d'un strict point de vue américain, mais qui s'est par bonheur étoffée récemment. Je précise n'avoir toujours pas vu Ginger, qui s'ajoutera aux demi-finalistes en temps voulu si elle le mérite, et j'avoue avoir allègrement copié-collé mes avis de l'ancien article quand ça reste d'actualité, faute de temps oblige. Soyez indulgents, et découvrons sans plus attendre les nouveaux changements!

Les demi-finalistes:

Linda Darnell dans A Letter to Three Wives: Je suis navré pour Linda qui serait mon cinquième choix dans une liste purement oscarienne, mais une récente visite aux trois épouses du titre m'a légèrement laissé sur ma faim la concernant. Ça tient essentiellement à son jeu du chat et de la souris avec Paul Douglas, qui dure bien plus longtemps que dans mon souvenir et qui se met à tourner en rond trop vite: on a bien compris que Lora Mae ne ménage pas ses effets pour mettre le grappin sur son patron, mais voir la même scène répétée pendant une demi-heure entre personnalité entreprenante et refus coquet a fini par m'agacer. L'ennui, c'est que ça affecte la performance d'actrice qui reste sur la même note de désabusement pendant les trois quarts du film, ce qui ajouté à la relative antipathie que m'évoque Lora Mae depuis ma redécouverte, m'empêche de me laisser émouvoir par elle depuis. Pourtant, Linda n'a jamais été mieux utilisée, elle fait d'ailleurs preuve d'un charisme qu'on ne lui a pas toujours connu, et elle fait très bien monter les larmes aux yeux quand il le faut. Mais voilà, le caractère même du personnage m'énerve un peu, et je préfère finalement Paul Douglas dans leur histoire commune, celui-ci se révélant plus touchant que son statut l'aurait laissé supposer au départ. En me relisant, je note encore avoir vu de l'humour dans cette performance, son sourire de satisfaction alors qu'elle fait attendre son soupirant m'ayant apparemment amusé la première fois. Honnêtement, ce n'est plus le cas, puisque ça participe de ces tentatives de séduction agaçantes qui me sont trop exotiques pour pouvoir les apprécier réellement. Je reste donc plus déçu qu'à l'origine et n'arrive plus du tout à être touché par cette interprétation, mais je la nomme tout de même comme demi-finaliste car je suis toujours content de voir ce qu'une actrice généralement médiocre peut faire quand on se décide à lui placer un bon rôle entre les mains. Et puis Darnell est plus intéressante à suivre que Jeanne Crain dans le même film, quand bien même c'est la troisième épouse qui gagne la compétition.


Susan Hayward dans House of Strangers: Je n'ai pas revu le film depuis bien trop longtemps pour avoir un avis franchement objectif à l'heure qu'il est, mais s'il est bien une certitude qui reste, c'est que Susan Hayward n'aura jamais été aussi charismatique qu'ici, ce qui veut dire beaucoup compte tenu de ses autres héroïnes à forte personnalité dans ses meilleurs projets. Mais vraiment, ce charisme est tellement fort que je m'en souviens toujours même avec énormément de recul, alors que je me rappelle déjà moins les performances d'Edward G. Robinson et Richard Conte par comparaison, bien qu'ayant trouvé les acteurs excellents. Il faut donc que quelque chose m'ait extrêmement plu lors de ma découverte du film, ce qui à l'origine tenait en partie à la surprise de voir enfin une Susan Hayward mondaine et distinguée en lieu et place d'une chanteuse alcoolique. Mais il y a autre chose: je me souviens aussi qu'elle faisait une entrée détonante dans l'histoire, avec plein d'étincelles corrosives lors de sa rencontre avec Richard Conte, sans compter que j'avais beaucoup aimé son jeu sur l'image d'une femme dure que rien ne semble pouvoir affecter, tout en instillant par ses regards d'innombrables touches d'émotion qui en disaient long sur les véritables aspirations sentimentales d'Irene. Sa relation d'inimitié amoureuse avec Richard Conte m'avait en tout cas fortement intéressé, à tel point que j'avais davantage envie d'en savoir plus sur leurs rapports que sur les relations familiales entre père et fils, pourtant plus essentielles à la narration. A revoir au plus vite pour mieux en rejuger, mais la réminiscence reste tellement positive que je tiens à garder l'actrice parmi mes demi-finalistes.


Katharine Hepburn dans Adam's Rib: J'ai longtemps eu une grande affection pour cette performance, car ce fut vraiment la première fois que j'étais parvenu à apprécier le jeu souvent trop démonstratif de Katharine Hepburn. De même, c'était la première de ses collaborations avec Spencer Tracy que j'avais vu, et je me souviens avoir été absolument ravi de découvrir ce tandem prestigieux dans une comédie ayant franchement bien tenu le coup, même si j'aime un peu moins le film maintenant. Disons qu'une fois l'effet de découverte éventé, et après avoir su mieux apprécier les autres performances de la dame, j'ai réalisé qu'elle ne fait finalement rien de si exceptionnel que ça dans Adam's Rib, ou tout du moins ne propose-t-elle rien de plus que ce qu'on l'avait déjà vu servir dans ses autres comédies. En fait, elle y est simplement impeccable: elle a sans surprise du charisme à revendre, elle se chamaille admirablement bien avec son partenaire, quitte à lui montrer ses jupons sous la table, et elle souligne surtout comment Amanda ne se rend pas compte qu'elle va parfois trop loin lorsque son époux se fait humilier publiquement. Mais à la fin, est-elle aussi drôle que ça? Pas vraiment: on ne rit pas aux éclats comme devant ses films de 1938, et il y a toujours ces scènes un peu trop surjouées, à l'image du suicide au réglisse, qui plombent légèrement sa performance, d'autant que la lumière du film est pour moi incarnée par un Spencer Tracy que j'ai rarement vu aussi bon. Sa partenaire reste néanmoins hors de tout reproche, et j'aime son féminisme revendiqué à travers son personnage d'avocate déterminée, mais ça reste simplement bon, sans l'étincelle qui me donnerait à présent envie d'offrir une nomination officielle à l'actrice pour ce rôle.


Les finalistes

5. Ann Sothern dans
A Letter to Three Wives

Comme je le laissais entendre en début d'article, c'est donc la fabuleuse Ann Sothern qui s'impose parmi les trois épouses du titre dans l'excellent film de Mankiewicz, ce qui tient principalement à la personnalité truculente d'une actrice jamais inintéressante, mais qui avait toujours été mal utilisée jusqu'alors, en particulier dans la médiocre série des Maisie. Mais ici, tout fonctionne à merveille: la réussite du film est au service de la performance et inversement, et on ne pouvait imaginer meilleure réussite de casting, puisque Ann Sothern est idéale pour illustrer le quotidien d'un couple de classe moyenne qui lorgne, au moins elle, vers les beaux quartiers, tout en pouvant se permettre de donner des conseils aux autres dames issues de milieux moins favorisés. A ce titre, la complicité que l'actrice noue avec ses partenaires est excellente, en particulier dans le cas de Jeanne Crain qu'elle est plus en mesure de prendre sous son aile sans jamais la juger, ce qui donne d'ores et déjà envie de s'intéresser à Rita avant même que le scénario ne se focalise sur elle. Cependant, c'est évidemment dans sa grande séquence que l'actrice est le plus à même de briller, et non contente d'avoir une bonne alchimie avec Kirk Douglas, elle montre surtout l'étendue de ses talents comiques en n'ayant jamais peur du ridicule à mesure que Rita se met à faire des courbettes à ses employeurs. On sent alors très bien la gêne que la comédienne suggère quand la tension monte devant les invités, et elle fait toujours en sorte de ne jamais s'écraser devant son principal partenaire, même lorsqu'il lui faut entendre la vérité. Son jeu calculé dont on ne voit jamais les ficelles lui permet ainsi d’électriser le centre du film, probablement la meilleure partie des trois, ou tout du moins celle qui me touche le plus, ce qui vaut à la dame une place bien méritée dans ma sélection officielle.


4. Jennifer Jones dans
Madame Bovary

C'est vraiment une performance qui gagne des points en laissant le temps agir en sa faveur. En effet, si elle ne m'avait pas paru plus mémorable que ça la première fois, l'actrice s'avère après revisite hors de tout reproche, en soulignant très bien, entre autres, la gêne occasionnée par la société où l'héroïne est forcée d'évoluer. Son apparition immaculée dans une cuisine rustique donne d'ailleurs le ton, puisque Jennifer nous présente une Emma fraîche et vive qui désire plus que tout sortir du monde médiocre où il lui faut habiter, et qui a déjà cent fois plus de distinction que la moitié de la Normandie réunie. Les graines de son parcours étant ainsi semées, c'est tout naturellement que l'actrice fait naître la déception et la mélancolie dans son langage corporel, choses qu'elle sait nuancer en s'exaltant comme la jeune fille romanesque qu'elle fut avant son mariage, en recevant notamment l'invitation au bal qu'elle attendait depuis toujours. C'est d'ailleurs dans cette séquence qu'intervient le clou du spectacle, alors qu'Emma se regarde entourée d'hommes dans le miroir et où son expression a juste ce qu'il faut de hauteur et de satisfaction pour résumer à merveille le personnage. L'aigreur et le dépit qui la rongent dans le dernier acte sont également très bien joués, et seule la scène du voyage avorté est interprétée de façon un peu trop excessive pour convaincre, mais c'est là le moindre défaut d'une performance parfaitement comprise, dans laquelle Jennifer surprend par une maturité étonnante après ses héroïnes plus juvéniles du début de la décennie. Je n'étais pas sûr de la nommer de prime abord, mais en y repensant, elle me touche énormément dans ce rôle, et la redécouverte du film fut si plaisante que j'ai à présent très envie de distinguer ce personnage littéraire de légende fort bien incarné. Dommage, néanmoins, que la narration trop descriptive donne constamment l'impression que l'actrice se fait dicter sa performance dans la première partie, mais ça n'efface nullement son mérite.


3. Bai Kwong (白光) dans
Une Femme oubliée (蕩婦心)

Attention, c'est là où je vais devenir très paresseux, mais j'ai déjà écrit un long article à ce sujet et n'ai pas le cœur de réécrire ma pensée juste pour faire joli, alors voici ce que je disais dans mon opinion sur le film le mois dernier: "L'interprétation de Bai Kwong n'est pas en reste puisqu'elle réussit absolument chacune des ses scènes, bien que j'aie du mal à être tout à fait impressionné par son jeu. C'est peut-être dû à ses larmes mécaniques lorsqu'elle pleure la mort de son père, mais dans la plupart des cas, on lui demande surtout de jouer calmement, ce qui fonctionne au mieux. Son air maussade des séquences de prison est notamment très bien joué, d'autant que ça sied parfaitement à son visage, et son petit sourire jaune nuance joliment ce genre de scènes via l'amertume de l'héroïne. La simplicité lui est aussi demandée pour traduire la modestie de la jeune paysanne aux champs, et la grande scène de pleurs où elle tente de rattraper son partenaire sur la colline est pour sa part très convaincante. A son actif également, l'excellente transcription de sa déconvenue, lorsque l'homme à qui elle est ravie de faire signe à la gare se jette dans les bras de Gong Qiuxia située devant elle. Bref, c'est très réussi, mais je n'arrive pas à être absolument ébloui non plus. L'actrice porte néanmoins le film sur ses épaules et y éclipse entièrement ses collègues, dont les personnages sont de toute façon assez transparents." En me relisant, j'ajouterai juste que ce rôle tolstoïen est l'un des plus prestigieux écrits pour une actrice chinoise à cette époque, et Bai Kwong relève le défi avec brio.


2. Madeleine Carroll dans
The Fan

Idem, je recopie mon article de 1949, car mon avis est très récent et donc toujours d'actualité: "Ouf! Je viens de revoir le film, et me voilà ravi de lui avoir redonné une chance. En effet, si j'avais été très sévère avec car déçu que ça ne ressemble pas à la pièce d'origine, ou à la merveilleuse adaptation par Lubitsch dans les années 1920, cette réinterprétation d'un texte mythique reste tout de même fort plaisante, bien soignée sur la forme et plutôt bien soutenue par des effets de mise en scène intéressants (le placement des personnages dans la boutique). Et dans le détail, Madeleine Carroll vient de faire une remontée considérable dans mon estime, puisque là où je gardais le souvenir d'une performance seulement digne d'intérêt se niche en fait un grand travail d'actrice qui donne vie au personnage le plus touchant de l'histoire. Ici, Mrs. Erlynne apparaît de prime abord dans ses vieux jours avant de se remémorer son passé, et force est de reconnaître que Madeleine Carroll s'acquitte au mieux de ce vieillissement imposé, à grand renfort d'une voix âgée dont elle sent qu'elle a vécu, et d'une démarche toujours gracieuse malgré la lenteur des pas et l'appui d'une canne. Le plus intéressant reste néanmoins la grande partie centrale où Mrs. Erlynne entre dans la maturité, et qui se décompose à peu de choses près en trois actes. Dans le premier, l'actrice y est pétillante à souhait, avec quelque chose de presque "dunnien" dans le sourire, tant elle est prête à jouer de sa séduction auprès de Lord Windermere afin d'en obtenir quelque avantage, avec toujours ce même esprit mordant déjà entrevu chez la vieille dame. Dans le second, elle passe fort bien de l'inquiétude de voir ses manigances sociales ébranlées par son gendre secret à une forme de dépit menaçant, quitte à accentuer un peu trop son jeu sur les regards, ce qui ne gêne pas au demeurant. Dans le troisième, elle devient enfin quasi maternelle avec une lady qu'elle tente de protéger, en faisant bien sentir tout le poids de ses erreurs passées et le désir de s'amender une bonne fois pour toutes. La dernière séquence avec Lady Windermere en devient alors particulièrement émouvante, d'où un très beau plan final sur l'héroïne jeune qui clôt définitivement la réminiscence. En somme, c'est léger et tragique à la fois, et cette petite merveille interprétative s'impose de loin comme le meilleur atout du film."


1. Susan Hayward dans
My Foolish Heart

Dernier recopiage pour finir, mais là aussi c'est très récent, donc rien de nouveau à ajouter: "J'ai finalement revu My Foolish Heart, dont j'avais en fait une vision erronée, tant j'avais le souvenir d'une performance "alcoolique" comme les affectionnait l'actrice. Il n'en est rien, et si l'alcool occupe certes une place importante dans l'histoire, ça n'a rien à voir avec le déchaînement majestueux de films comme Smash-Up et I'll Cry Tomorrow. En fait, on découvre ici les périodes ante et post-alcool, mais seule l'une des séquences finales montre réellement l'héroïne en train de sombrer, si bien que la performance d'actrice sort des sentiers battus, et frappe par une grande sobriété qu'on ne lui a pas toujours connu, et un aspect romantique s'inscrivant sur le long terme, au risque de friser parfois l'ennui lors de longs dialogues amoureux. Quoi qu'il en soit, l'actrice me paraît, après redécouverte, extrêmement bonne à chaque instant: elle fait notamment une entrée en scène fabuleusement charismatique, clin d’œil et sourire à l'appui, et sa voix rauque dans le temps présent souligne, sans rien de forcé, qu'Eloise a vécu avant d'en arriver là. Dans cette entrée en matière, la nostalgie est aussi jouée de façon très inspirée lorsqu'elle se souvient de l'homme aimé, et l'on apprécie d'autant plus sa capacité à passer très facilement à la mélancolie après une dispute intense avec son époux. Les changements d'expressions sont encore très bien esquissés dans le long flashback central, en particulier lorsque l'actrice passe de méfiance à désir en rallumant une lampe éteinte par son soupirant, ou lorsqu'elle fait naître du regret après avoir accueilli son père en souriant à l'aéroport. Par ailleurs, le contraste entre la dureté du présent et le charme cerné de timidité du passé est incarné avec tout le liant nécessaire pour qu'on ne doute jamais de l'évolution de l'héroïne, et le flashback frappe d'autant plus qu'on a rarement vu Susan Hayward aussi réservée dans ses sentiments, à tel point qu'on ressent vraiment la solitude qui a dû peser sur l'héroïne avant une rencontre salvatrice: le "hyyyyouhou" qu'elle lance, excitée, en recevant enfin un appel à l'internat illustre à merveille la situation, et montre également que l'actrice évite constamment toute mièvrerie, faisant au contraire preuve de beaucoup de charme et d'humour, voire d'autodérision lorsqu'elle relate son renvoi de l'école "I thought that, too!" Enfin, Hayward évite tout pathos, principalement lorsqu'elle joue le choc qui bouleverse Eloise, ou lorsqu'elle serre sa fille dans ses bras en jetant un dernier regard inquiet à la fenêtre en entendant une voiture démarrer. En somme, c'est une performance qui gagne vraiment à être redécouverte et qui s'en tire avec tous les honneurs, je m'étonne même de ne pas l'avoir aimée davantage la première fois." Susie reste donc ma lauréate de l'année malgré la compétition internationale en face. Félicitations!


Susan Hayward brandissant fièrement son Orfeoscar en salle de presse.


En conclusion, on rappellera que selon les dates d'éligibilité oscariennes, je remplace Bai Kwong par Linda Darnell, ce qui constituera le seul changement notoire si vous vous amusez à comparer les deux listes. Et afin de célébrer ma nouvelle motivation pour me remettre à bloguer, retour du classement fowlerien afin d'évoquer toutes les autres performances de l'année, réparties dans les catégories suivantes:

J'apprécie: June Allyson dans Little Women: je n'ai pas revu le film depuis des années, mais je le garde le souvenir d'une performance sympathique. Jeanne Crain dans A Letter to Three Wives et The Fan: finalement, elle n'y est pas mal du tout quoique toujours éclipsée par les autres dames, et ces films me confirment qu'elle fut une bien meilleure actrice que sa performance dans Pinky pouvait le laisser croire. Joan Crawford dans Flamingo Road: une Crawford égale à elle-même, donc très compétente et toujours captivante, sans que ce soit ce qu'elle a fait de mieux. Isa Miranda dans Le mura di Malapaga: une actrice doté d'une forte présence, qui maîtrise très bien le bilinguisme et pense à ajouter de plus en plus de tendresse à mesure que l'histoire avance. Dommage que le film, très médiocre, plombe un peu sa performance en la rendant amoureuse et quasi sacrificielle d'un claquement de doigts. Ann Sheridan dans I Was a Male War Bride: elle y est drôle et présente une bonne alchimie avec Cary Grant. Dommage que le film ne mette pas la barre très haut... Loretta Young dans Come to the Stable: elle se repose essentiellement sur son charisme de star et n'a de ce fait pas beaucoup d'émotions à jouer, mais j'en ai toujours gardé un bon souvenir. De mémoire, il me semblait que le personnage était français et qu'elle ne faisait pas d'effort sur l'accent, mais la nonne est apparemment américaine.

Je m'interroge: Bai Kwong dans Le Bégonia rouge-sang (血染海棠紅): parfois trop expressive et presque reléguée au second plan, mais elle captive en permanence et sa rencontre pleine d'énergie avec Gong Qiuxia, qu'elle ne cherche pas à éclipser, fait des étincelles. Joan Bennett dans The Reckless Moment: je sais que tout le monde l'aime, mais après avoir revu le film, je la trouve souvent trop mécanique dans sa façon de parler, et je n'aime vraiment pas l'histoire. Danielle Darrieux dans Occupe-toi d'Amélie. Je ne supporte pas le film. C'est du Feydeau avec son lot insupportable de jeux de mots douteux, et ça caquette à n'en plus finir: "Oh j'étais coquette, alors je suis devenue cocotte!" Néanmoins, ce n'est absolument pas une mauvaise interprétation puisque Danielle est parfaitement à l'unisson de la tonalité du texte. Sally Forrest dans Not Wanted: je n'arrive pas vraiment à m'intéresser à elle, mais je n'ai rien à lui reprocher non plus... Setsuko Hara dans Banshun: elle est tellement pure et virginale qu'elle finit par agacer, à force de dire oui à tout et de tout accepter avec le sourire. Mais le moment où son visage s'endurcit lorsqu'elle perd ses illusions est très bien joué. Susan Hayward dans Tulsa: l'actrice a été bien mieux employée ailleurs, mais elle n'est absolument pas inintéressante et rend même ce proto-Géant médiocre regardable. Margaret Lockwood dans Madness of the Heart. Au début, elle semble un peu niaise, puis devient technique à cause des rebondissements ahurissants d'un scénario mélodramatique au possible. Mais elle parvient à tirer son épingle du jeu dans la seconde partie, quoique éclipsée par devinez qui. Patricia Neal dans The Fountainhead: trop exacerbée quoique charismatique. Margaret O'Brien dans The Secret Garden: je me rappelle bien l'ambiance du film et ses décors, mais impossible de me souvenir du moindre détail de la performance de la jeune actrice... Lizabeth Scott dans Too Late for Tears: je ne sais jamais quoi penser de Lizabeth Scott, qui a indéniablement beaucoup d'allure mais qui s'arrange toujours pour avoir des expressions maladroites sur son visage lorsqu'elle parle. Ici, elle est coincée dans un polar de série B qui m'ennuie, mais elle n'y passe absolument pas inaperçue. Gene Tierney dans Whirlpool: je n'irai pas jusqu'à dire que c'est raté, mais je suis assez perplexe. En effet, elle paraît constamment trop nerveuse et a des regards assez maladroits devant son partenaire, au point de laisser une impression un peu laborieuse. Zhou Xuan dans Mò fù qīngchūn (莫负青春) (Ne gâchons pas notre jeunesse): à l'image du film qui s'égare entre drame et comédie, l'actrice est en peu en demi-teinte en surjouant bien trop les pleurs, malgré une excellente énergie qui met en valeur son don pour la comédie.

Ratées: Ingrid Bergman dans Under Capricorn: non contente de n'être pas convaincante en folle alcoolique au départ, à force de plissements d'yeux agaçants, elle retombe surtout dans son pire travers lors de confessions hystériques franchement insupportables. En outre, elle se fait complètement éclipser par Margaret Leighton, nerveuse à souhait. Jeanne Crain dans Pinky: outre l'erreur de casting notoire qui tue l'histoire dès le commencement tant on ne saurait croire que Pinky a une origine afro-américaine, l'actrice garde souvent un air crispé qui rend ses scènes toutes plus maladroites les unes que les autres. Bette Davis dans Beyond the Forest: on sent tellement qu'elle n'avait pas envie d'être là qu'elle passe son temps à se tortiller les cheveux en ayant l'air de s'ennuyer, avant de tenter de secouer un peu la torpeur de son quotidien à travers des moments hystériques plutôt désastreux. Surtout, comment croire qu'une personne comme Rosa ne soit pas capable de faire ses valises pour Chicago et se contente d'attendre quelque chose depuis chez elle? Olivia de Havilland dans The Heiress: une interprétation beaucoup commentée sur le blog, mais impossible de m'y faire. La première partie est catastrophique tant elle force dans la caricature et nous présente une Catherine complètement crétine; la seconde lui fait prendre un virage à 180° en accentuant cette fois-ci beaucoup trop la dureté de l'héroïne; et la transition ne me convainc plus autant que jadis bien que ça reste sa scène la plus réussie. Mais comment croire que les deux Catherine sont une seule et même personne? Deborah Kerr dans Edward, My Son: là encore, une performance extrêmement caricaturale, l'actrice n'arrivant pas à se contrôler et se vautrant dans les excès les plus grotesques possibles.

N'ont rien à faire: Ava Gardner dans The Great Sinner: je ne dirai pas qu'elle est insipide mais on ne lui demande rien de plus qu'être vraiment très jolie. Néanmoins, je n'ai vu le film qu'une fois voilà des lustres, et impossible de me rappeler si elle dispose d'un moment dramatique ou non. Hedy Lamarr dans Samson and Delilah: DeMille lui demandant juste de vamper le héros en petite tenue, ça n'en fait évidemment pas un très grand rôle... Janet Leigh dans Holiday Affair: encore un film vu il y a trop longtemps, je garde le souvenir d'une romance assez insipide où l'actrice n'avait pas le temps de briller. Jeanette MacDonald dans The Sun Comes Up: ou comment Jeanette est passée de star de premier plan au rôle peu enviable de second couteau auprès de Lassie. Le deuil qui amorce l'histoire était de mémoire trop édulcoré pour permettre à l'actrice d'en extraire quelque substance.

Insipides: Barbara Bel Geddes dans Caught: j'ai du mal à en parler parce qu'elle m'a toujours semblé si inintéressante que son souvenir s'est systématiquement effacé de ma mémoire, même après le deuxième visionnage. Danièle Delorme dans Gigi: j'ai toujours détesté cette histoire de jeune fille naïve formée à devenir cocotte par ses tantes demi-mondaines, et pour couronner le tout, l'actrice est tellement enfantine que ça renforce d'autant plus le malaise.

A découvrir: Ginger Rogers dans The Barkleys of Broadway reste la grande priorité. Avec déjà plusieurs performances non américaines au compteur dont une dans le top 5, je laisse à présent 1949 de côté et compléterai l'article en temps voulu.