Une dame toujours très drôle et souvent touchante, qui crève l'écran dans Easy Living (1937), Only Angels Have Wings (1939), Mr. Smith Goes to Washington (1939), The Devil and Miss Jones (1941), The Talk of the Town (1942) et The More the Merrier (1943). Malgré tout, sa meilleure performance comique reste à mes yeux sa superbe émissaire coincée transformée par l'amour dans A Foreign Affair (1948), et Mr. Deeds Goes to Town (1936) recèle à mon goût sa prestation la plus poignante, puisqu'il lui suffit de regarder Gary Cooper tendrement pour émouvoir.
Peut-être la meilleure actrice lorsqu'on en vient au registre romantique, et qui après s'être montrée phénoménale en jeune épouse naïve et hilarante dans The Women (1939) est entrée de plain-pied dans la cour des grandes avec un série de grands rôles dont Rebecca (1940), le chef-d'œuvre gothique d'Alfred Hitchcock, dans lequel elle est fabuleuse de timidité avant de se révéler bien plus forte que prévu; Suspicion (1941), où elle surprend moins quoique étant impeccable en graine de vieille fille fraîchement mariée et soupçonneuse; Ivy (1947), où elle surprend dans un grand rôle de contre-emploi malgré ses airs de cygne blanc; et Letter from an Unknown Woman (1948), le chef-d'œuvre de Max Ophüls, que les cinéphiles considèrent à juste titre comme sa meilleure performance, et où elle est aussi éblouissante en jeune fille timide mais déterminée qu'en jeune femme toujours hantée par son premier amour. Personnellement, ma préférence va tout de même à 1943, une année qui la vit s'épanouir dans son rôle préféré, The Constant Nymph, où elle est étonnante en adolescente sincèrement amoureuse qui se brûle les ailes par passion, en voulant toucher de trop près au monde des adultes, et dans Jane Eyre, où elle crève une fois de plus l'écran par son charisme, sa retenue et sa grande sensibilité.

Greer Garson
Un parangon de charisme gracieux et courtois, dont l'aspect rassurant donne constamment envie de se réfugier dans sa filmographie en cas de déprime. Et même si elle fait, à d'infimes variations près, la même chose dans tous ses rôles, elle accomplit sa tâche avec tant de talent qu'elle ne lasse jamais, depuis Goodbye, Mr. Chips (1939), où l'on regrette qu'elle n'ait pas un vrai premier rôle, à Adventure et The Valley of Decision (1945), en passant par Blossoms in the Dust (1941), When Ladies Meet (1941), Mrs. Miniver (1942), Mrs. Parkington (1944), et sa délicieuse Elizabeth Bennet de Pride and Prejudice (1940), la meilleure version de la géniale héroïne au cinéma. Son plus beau rôle reste cependant Random Harvest (1942), un merveilleux film où elle touche droit au cœur en toute simplicité, après avoir ébloui dans un superbe numéro musical où elle se lâche entièrement. J'ai plus de réserves sur son Eleanor Roosevelt de Sunrise at Campobello (1960), mais c'est aussi que le film peine à intéresser.
Lillian Gish
A juste titre considérée comme l'une des plus grandes, voire la plus grande, actrices de l'époque du muet, une comédienne en effet presque toujours éblouissante, constamment mémorable chez Griffith dans Way Down East (1920) et Orphans of the Storm (1921); professionnelle à la limite du masochisme dans La Bohème de Vidor (1926), où elle ne s'est pas alimentée pendant deux jours pour être physiquement crédible dans la dernière séquence; et absolument indépassable dans l'extraordinaire The Wind (1928) de Sjöström, un chef-d'œuvre muet vraiment parfait, et de loin son plus beau rôle. Ceci dit, ses compositions parlantes atteignent souvent le même niveau de réussite, en particulier His Double Life (1933), où elle est étonnamment et discrètement drôle; Duel in the Sun (1946), où elle incarne le personnage le plus mémorable d'un casting de luxe; The Night of the Hunter (1955), où elle crève l'écran fusil en main; et The Whales of August (1987), un joli chant du cygne et un grand duo avec Bette Davis.
Comme d'autres déjà listées ici, je n'ai pas été séduit immédiatement par son talent et sa personnalité, avant de réaliser que sa dynamique Jo March de Little Women (1933), son éblouissante Alice Adams (1935), son énergique Sylvia Scarlett au cœur en émoi (1935), ses divines mondaines de comédie dans Bringing Up Baby et Holiday (1938), la grandiose variation de son propre rôle dans The Philadelphia Story (1940), sa brillante avocate féministe dans Adam's Rib (1949), ses vieilles filles très charismatiques dans The African Queen (1951), Summertime (1955) et The Rainmaker (1956), sa Violet perverse de Suddenly, Last Summer (1959), sa mère de famille droguée dans Long Day's Journey Into Night (1962), et son Aliénor d'Aquitaine en personne dans The Lion in Winter (1968), constituent un patrimoine que n'importe quelle actrice devrait lui envier. Son plus beau rôle: peut-être Holiday, où elle est drôle et touchante dans un beau film rafraîchissant, au faîte de la première partie de sa carrière.

Deborah Kerr
Une actrice extrêmement douée pour esquisser le désir ou la frustration sexuelle sous ses airs élégants de grande dame. Déjà mythique au début de sa carrière dans son triple-rôle de Life and Death of Colonel Blimp (1943), elle reste surtout l'une des grandes icônes des années 1950 avec, entre autres, From Here to Eternity (1953), où elle joue à contre-emploi une femme adultère immortalisée dans un baiser langoureux sur une plage hawaïenne; Young Bess (1953), un second rôle charismatique de belle-mère aimable mais ferme pour Jean Simmons; The King and I (1956), où elle reste suggestive et mémorable dans un grand duel avec une décoration déterminée à lui voler la vedette; Heaven Knows, Mr. Allison (1957), un superbe film épique et intimiste où elle est absolument merveilleuse; The Innocents (1961), son meilleur rôle de gouvernante, cette fois-ci avec un aspect pervers refoulé mais parfaitement détaillé; The Chalk Garden (1964), une autre variation de gouvernante; et The Night of the Iguana (1964), où je la trouve sincèrement éblouissante. Cependant, mon coup de cœur va au fabuleux Black Narcissus (1947), un chef-d'œuvre contenant son meilleur personnage de religieuse, une femme charismatique dépassée par un univers inconnu qui l'attire et l'effraie en même temps.

Jeanette MacDonald
Quoique pas la meilleure cantatrice dont on puisse rêver, une merveilleuse comédienne particulièrement à son aise dans le registre comique, et brillante dès qu'il s'agit de faire une grimace. Un pur délice à voir dans les Lubitsch musicaux, The Love Parade (1929), Monte Carlo (1930), One Hour with You (1932), The Merry Widow (1934), et Love Me Tonight (1932) de Mamoulian, autant de films absolument jouissifs où elle est à son meilleur; mais également dans ses œuvres de la période MGM, principalement dans Naughty Marietta (1935), Rose-Marie (1936), San Francisco (1936), Maytime (1937), The Firefly (1937) et New Moon (1940). Son plus beau rôle: j'ai longtemps pensé à La Veuve joyeuse, mais j'aime tellement sa princesse évaporée dans Love Me Tonight et son épouse romantique aux travers si bien épinglés dans One Hour with You que j'hésite grandement.
Mary Pickford
Une pionnière du cinéma, ayant toujours su enchanter par son dynamisme et sa capacité à jouer les petites filles même à trente ans passés. A voir en priorité dans Amarilly of Clothes-Line Alley (1918), où elle est très drôle en ouvrière séduite par la haute société; Little Lord Fauntleroy (1921), où elle impressionne grandement en jouant à la fois un petit garçon intrépide et sa mère calme et réservée; My Best Girl (1927), son plus beau rôle, avec tout ce qu'il faut d'humour et d'émotion pour éblouir; et Secrets (1933), où elle joue un même personnage à trois moments de sa vie, tout en signant une scène dévastatrice dans la seconde partie.
Ginger Rogers
Non seulement une danseuse d'exception, dont l'exploit le plus époustouflant reste probablement Swing Time (1936) avec Fred Astaire, mais surtout une excellente actrice, aussi à l'aise dans les drames que dans les comédies. Ses meilleurs rôles: The Gay Divorcee (1934), une irrésistible comédie musicale où elle est souvent très drôle; Top Hat (1935), le sommet décoratif de son tandem avec Astaire; Stage Door (1937), un film choral sur les actrices en devenir où elle apporte beaucoup de crédibilité; Vivacious Lady (1938), une charmante performance comique; Kitty Foyle (1940), un rôle à Oscar qu'elle est loin d'avoir volé; et Monkey Business (1952), où elle retombe en enfance pour notre plus grand plaisir, et vole la vedette à ses prestigieux partenaires. Cependant, 1942 reste sa grande année hollywoodienne, avec l'étrange Once Upon a Honeymoon où elle est toutefois très charismatique, l'exubérant Roxie Hart où elle brille par son énergie, Tales of Manhattan, où elle bénéficie de la séquence la plus mémorable et en rugit de contentement, et surtout The Major and the Minor, sans doute son plus beau rôle, dont l'hilarité n'empêche nullement l'émotion de poindre au milieu des déguisements successifs.

Gloria Swanson
Une grande diva du muet et du parlant, hilarante dans Why Change Your Wife? (1920), un épanouissement magnifique d'épouse sérieuse en femme fatale; très mémorable dans l'hallucinant Beyond the Rocks (1922) qui la fait voyager de la mer au désert, en passant par Versailles et les Alpes enneigées; drôle dans le sulfureux Queen Kelly (1929), sans y composer néanmoins le personnage le plus fascinant; touchante dans The Trespasser (1929), son premier parlant; exquise dans Indiscreet et Tonight or Never (1931), deux comédies vraiment charmantes; et bien entendu mythique et captivante dans Sunset Boulevard (1950), où elle se parodie avec beaucoup de courage dans une performance ahurissante. Malgré tout, c'est dans Sadie Thompson (1928) que je la préfère, tant l'héroïne est drôle et touchante dans ce très bon film muet. Le bonus: avoir lutté toute sa vie contre le sucre et avoir par conséquent très bien vieilli!
Elizabeth Taylor
Assurément la star la plus iconique de la fin de l'Âge d'or d'Hollywood, une actrice déjà très charismatique enfant dans Jane Eyre (1943) et National Velvet (1944), déjà absolument passionnante en très jeune adulte dans A Place in the Sun (1951), mythique dans Giant (1956), mémorable dans Raintree County (1957) et fascinante dans Cleopatra (1963), et surtout éblouissante pour les trois morceaux de bravoure que restent Cat on a Hot Tin Roof (1958), Suddenly, Last Summer (1959) et Who's Afraid of Virginia Woolf? (1966). Techniquement, les deux derniers sont peut-être ses meilleurs rôles, mais Cat a ma préférence personnelle.
Pour y voir plus clair, sachez que Tallulah, les sœurs de Havilland, Lillian Gish, Kate Hepburn, Jeanette MacDonald, Mary Pickford, Ginger Rogers et Gloria Swanson figurent dans le Top 25, si l'on se restreint aux règles de l'AFI. La vingt-cinquième place se joue en fait entre Liz Taylor et Deborah Kerr, et c'est principalement l'impossibilité de trancher entre elles qui m'a conduit à ce long article organisé.
Assurément dans le Top 40
Carroll Baker, une véritable révélation éminemment charismatique et moderne dans Giant (1956), très mémorable dans Baby Doll (1956) et The Big Country (1958), et qui plus est n'ayant pas eu peur de se donner à fond dans un projet risqué tel Something Wild (1961).
Betty Compson, capable d'éclipser tous ses partenaires dans The Great Gabbo (1929) et Notorious But Nice (1933), captivante dans un double-rôle réussi dans The White Shadow (1923) et absolument mythique dans The Docks of New York (1928).
Marion Davies, que je connais encore trop peu, mais déjà merveilleusement drôle dans The Patsy (1928) et Blondie of the Follies (1932), et dont j'ai hâte d'explorer la filmographie des années 1920.
Susan Hayward, divine alcoolique de cinéma dans Smash-Up (1947), superbe bête de scène dans With a Song in My Heart (1952), parfaite d'acharnement et de jeu très marqué dans I Want to Live! (1958), étonnante de sobriété dans House of Strangers et My Foolish Heart (1949), et tout à la fois dans l'énorme morceau de bravoure que reste I'll Cry Tomorrow (1955), indéniablement son plus grand rôle.
Ida Lupino, qui dévore Olivia de Havilland dans Devotion (1946) et Eleanor Parker dans Escape Me Never (1947), et encore plus prodigieuse dans The Hard Way (1943) et Road House (1948), en plus d'un réel talent de réalisatrice, que je connais principalement par The Bigamist (1953).
Patricia Neal, une explosion de charisme capable de voler la vedette à tout le monde dans The Fountainhead (1949), malgré une performance très appuyée, Three Secrets (1950), A Face in the Crowd (1957), et The Subject Was Roses (1968), où elle est parfaite, surtout quand elle fait bien ressentir l'émotion sous une façade forte.
Jean Simmons, qui après des débuts théâtraux dans Hamlet (1948) s'est surtout révélée au cours des années 1950, étant capable d'incarner une même année une jeune souveraine très inventive dans Young Bess (1953) et un ange pervers sous un masque gracieux dans Angel Face (1953), et de réitérer l'exploit en passant d'une missionnaire angélique et musicale dans Guys and Dolls (1955) à une religieuse toxique dans Elmer Gantry (1960). Plus j'avance dans sa filmographie, et plus j'ai envie de la classer plus haut!
Margaret Sullavan, qui a trop peu tourné alors qu'elle marque les esprits à chaque performance, en particulier dans Little Man, What Now? (1934), The Mortal Storm et The Shop Around the Corner (1940), sachant que je l'apprécie également très fort dans The Good Fairy (1935), Three Comrades et The Shining Hour (1938).
Lana Turner, éblouissante en jeune étoile grisée par le succès dans Ziegfeld Girl (1941), flamboyante dans The Three Musketeers (1948), et vraiment touchante dans The Bad and the Beautiful (1952), Peyton Place (1957) et Madame X (1966).
Jane Wyman, passionnante dans The Lost Weekend (1945) et Johnny Belinda (1948), et divine en toute simplicité chez Sirk, avec le très bon Magnificent Obsession (1954) et l'extraordinaire All That Heaven Allows (1955).
Suite et fin du Top 50
Eleanor Boardman, superbe de modernité dans Wine of Youth (1924), où elle fait vraiment penser à une jeune femme de notre époque, et The Crowd (1928), le sommet de sa carrière; drôlement marquante dans Proud Flesh (1925) et d'une présence incontestable dans Souls for Sale (1923). Quoique un peu trop sérieuse par moments ou mal distribuée dans des rôles de "
goody-goody girls", certains de ses rôles restent captivants, tels She Goes to War (1929), et elle me donne toujours envie d'explorer sa filmographie.
Nancy Carroll, phénoménale boule de charisme capable de tout manger sur son passage, et tombant constamment juste dans ses émotions malgré un jeu très démonstratif, à ne manquer sous aucun prétexte dans Laughter, The Devil's Holiday (1930), Broken Lullaby et Hot Saturday (1932).
Ava Gardner, qui après s'être contentée de jouer à la plante verte a montré qu'elle pouvait être éblouissante en s'en donnant la peine, comme dans The Snows of Kilimanjaro (1952), Mogambo (1953) et The Night of the Iguana (1964).
Judy Garland, une chanteuse de talent sans que j'aime particulièrement son timbre, et une actrice capable de se défendre dans The Wizard of Oz (1939), Ziegfeld Girl (1941), Meet Me in St. Louis (1944) et A Star Is Born (1954).
Ann Harding, souvent très théâtrale mais irrésistible dans Holiday (1930), Double Harness (1933) et Peter Ibbetson (1935).
Jean Harlow, sincèrement drôle et toujours très énergique dans Red-Headed Woman (1932) et Dinner at Eight (1933).
Rita Hayworth, volcanique dans Gilda (1946) et The Lady from Shanghai (1947), et absolument fabuleuse dans Separate Tables (1958).
Marilyn Monroe, sincèrement touchante dans Bus Stop (1956) et The Misfits (1961), et divinement drôle dans Some Like It Hot (1959).
Merle Oberon, un peu décevante mais qui parvient toujours à me passionner, en particulier dans The Scarlet Pimpernel (1934), The Dark Angel (1935), These Three (1936), The Lodger (1944) et Désirée (1954). Son rôle le plus célèbre reste néanmoins, et à juste titre, Wuthering Heights (1939), où je l'aime dans une certaine mesure.
Gene Tierney, excellente dans la deuxième partie de Heaven Can Wait (1943), captivante dans Leave Her to Heaven (1945), The Razor's Edge et Dragonwyck (1946), et assez magnifique, malgré toujours quelques réserves, dans The Ghost and Mrs. Muir (1947).
Certainement pas leur plus grand fan, mais j'ai adoré au moins une performance:
Evelyn Brent (Underworld, The Last Command),
Louise Brooks (Die Büchse der Pandora, Tagebuch einer Verlorenen),
Leslie Caron (The L-Shaped Room),
Ruth Chatterton (Dodsworth),
Mae Clarke (Waterloo Bridge),
Jeanne Crain (People Will Talk),
Bebe Daniels (Why Change Your Wife?),
Priscilla Dean (Outside the Law),
Mary Duncan (City Girl),
Jeanne Eagels (The Letter),
Lynn Fontanne (The Guardsman),
Jennifer Jones (Beat the Devil),
Kay Kendall (Les Girls),
Hedy Lamarr (The Strange Woman),
Dorothy McGuire (Friendly Persuasion),
Helen Morgan (Applause, Show Boat),
Maureen O'Hara (The Quiet Man),
Kim Novak (Vertigo),
Irene Rich (Lady Windermere's Fan),
Sylvia Sidney (City Streets, Summer Wishes, Winter Dreams),
Natalie Wood (Splendor in the Grass),
Loretta Young (pas sûr d'avoir vraiment adoré une performance, mais quel sourire! Et quelle ténacité!)
N'ont aucune chance de prétendre au top, mais j'ai pu aimer au moins une performance:
Lauren Bacall (To Have and Have Not),
Vilma Bánky (The Eagle),
Lina Basquette (The Godless Girl),
Constance Bennett (What Price Hollywood?),
Joan Bennett (The Woman in the Window, Scarlet Street),
Shirley Booth (Come Back, Little Sheba),
Madeleine Carroll (The 39 Steps, The Fan),
Linda Darnell (A Letter to Three Wives),
Doris Day (Calamity Jane, Pillow Talk),
Marie Dressler (The Patsy, Anna Christie, Dinner at Eight),
Alice Faye (Fallen Angel),
Kay Francis (One Way Passage, Trouble in Paradise, In Name Only),
Janet Gaynor (A Star Is Born),
Dorothy Gish (Orphans of the Storm),
Louise Glaum (Sex),
Jane Greer (Out of the Past),
Helen Hayes (A Farewell to Arms, Anastasia),
Audrey Hepburn (The Nun's Story, The Children's Hour, Two for the Road),
Judy Holliday (The Marrying Kind),
Grace Kelly (Rear Window),
Alla Nazimova (surjouant beaucoup dans Camille et Salomé bien qu'ayant par moments de fabuleuses scènes intériorisées),
Mary Nolan (Outside the Law),
Mabel Normand (What Happened to Rosa?),
Marie Prevost (The Marriage Circle),
Edna Purviance (A Woman of Paris),
Luise Rainer (un style et une personnalité fort sympathiques à défaut de m'éblouir en tant qu'actrice),
Debbie Reynolds (Singin' in the Rain),
Barbara Rush (Bigger Than Life),
Eva Marie Saint (North by Northwest),
Ann Sothern (A Letter to Three Wives),
Olive Thomas (The Flapper),
Florence Vidor (The Marriage Circle),
Mae West (She Done Him Wrong),
Lois Wilson (Miss Lulu Bett),
Anna May Wong (The Toll of the Sea),
Fay Wray (The Wedding March, King Kong)
Sympathiques mais ne m'intéressent pas plus que ça:
June Allyson (Little Women),
Lucille Ball (The Big Street),
Clara Bow (Down to the Sea in Ships, It),
Dorothy Dandridge (Carmen Jones),
Sally Eilers (Bad Girl),
Peggy Ann Garner (Jane Eyre, pas encore vu A Tree Grows in Brooklyn),
Mitzi Gaynor (Les Girls),
Corinne Griffith (The Divine Lady),
Nancy Kelly (The Bad Seed),
Grace Moore (One Night of Love),
Jayne Mansfield (The Girl Can't Help It),
Marian Marsh (Notorious But Nice),
Esther Ralston (To the Last Man),
Jane Russell (Gentlemen Prefer Blondes),
Gloria Stuart (Titanic, mais si l'on s'en tient uniquement au Golden Age, je ne sais pas quoi dire),
Sheila Terry (The Sphinx)
M'indiffèrent totalement:
Theda Bara, Lora Baxter, Barbara Bedford, Madge Bellamy, Betty Blythe, Cyd Charisse, Alice Day, Marceline Day, Frances Dee, Carol Dempster, Betty Grable, Bonita Granville, Lena Horne, Betty Hutton, Zita Johann, Evalyn Knapp, Veronica Lake, Dorothy Lamour, Priscilla Lane, Mary Lawlor, Bessie Love, Mae McAvoy, Nina Mae McKinney, Maggie McNamara, Carmen Miranda, Colleen Moore, Mae Murray, Marguerite Namara, Marian Nixon, Anita Page, Mary Philbin, Evelyn Preer, Martha Scott, Shirley Temple, Helen Twelvetrees, Lupe Vélez, Diana Wynyard
Davantage envisagées comme des actrices de genre, mais ne sont-elles pas des stars avant tout?
Mary Astor, qui a volontairement choisi d'occuper le créneau des seconds rôles pour ne pas avoir à porter un film entier sur ses épaules, bien qu'elle soit légitimement
leading dans The Maltese Falcon (1941) et que son aura de star la fasse briller avec autant d'éclat qu'une Claudette Colbert ou qu'une Bette Davis. Ceci dit, elle est tout de même légitimement
supporting, et constamment excellente, dans Holiday (1930), Dodsworth (1936), The Hurricane (1937), Midnight (1939), The Great Lie (1941), The Palm Beach Story (1942) ou encore Meet Me in St. Louis (1944), si bien que je n'ai aucun scrupules à l'inscrire dans mon panthéon des seconds rôles. Elle gagnera au change de toute façon, puisqu'elle y trônera à la toute première place.
Anne Baxter, dont la carrière est composée d'autant de premiers que de seconds rôles, quand la limite n'est pas floue (The Pied Piper, Five Graves to Cairo). Quoi qu'il en soit, elle brille comme
co-lead dans All About Eve (1950) et reste la véritable star de Blue Gardenia (1953), mais j'ai finalement tendance à ne la nommer que pour des seconds rôles (The Magnificent Ambersons, A Royal Scandal, The Ten Commandments), si bien qu'elle fait davantage figure d'actrice de genre dans mon esprit. Mais la frontière est ténue, nous sommes bien d'accord.
Joan Blondell, la star des Gold Diggers of 1933, mais que je connais mieux pour ses seconds rôles dans Adventure (1945), Nightmare Alley (1947), The Blue Veil (1951), Lizzie (1957) et Opening Night (1977), de telle sorte qu'elle est actuellement considérée comme
supporting dans ma liste.
Citons encore
Gladys George, reconnue pour ses premiers rôles dans Valiant Is the Word for Carrie (1936) et Madame X (1937), que je n'ai pas vus, et que je ne connais par conséquent que pour ses seconds rôles, souvent fabuleux, dans The Roaring Twenties (1939), The Maltese Falcon (1941), The Hard Way (1943), Christmas Holiday (1944) et Flamingo Road (1949).
Paulette Goddard, à mon avis légitimement
supporting dans Modern Times (1936), The Women (1939), The Great Dictator (1940), Hold Back the Dawn (1941) ou encore So Proudly We Hail! (1943), malgré son physique de star et ses premiers rôles dans la seconde moitié des années 1940.
Gloria Grahame, certainement
supporting dans It's a Wonderful Life (1946), Sudden Fear et The Bad and the Beautiful (1952), assurément
leading dans In a Lonely Place (1950), et dans un entre-deux flou dans The Big Heat (1953) et The Cobweb (1955). Aux dernières nouvelles, elle m'avait semblé secondaire dans The Big Heat, et The Cobweb reste un film choral, on part donc sur l'idée qu'elle sera plus à sa place dans mon panthéon des seconds rôles.
Teresa Wright, indéniablement un premier rôle dans deux films majeurs, The Pride of the Yankees (1942) et surtout Shadow of a Doubt (1943), mais sincèrement secondaire dans The Little Foxes (1941), Mrs. Miniver (1942) et The Best Years of Our Lives (1946). Je la compte comme actrice de genre, et je ne suis plus aussi fan que par le passé, de toute façon.
Une étude de cas pourrait également être faite pour les starlettes Warner telles
Ann Sheridan et
Alexis Smith, dont j'ai principalement vu les seconds rôles, bien qu'elles-mêmes se définissent comme
leading ladies. J'attends d'en voir plus pour en reparler correctement. Mais cette notion de frontière entre premier et second rôle est de toute façon à prendre avec des pincettes: je viens de lister Mae Clarke, Anna May Wong et Fay Wray plus haut alors qu'elle n'ont véritablement tenu la vedette que dans un ou deux films, et si Marie Dressler a bien été distinguée par les Oscar pour des premiers rôles, je me retrouve finalement à ne la nommer, elle aussi, que pour des seconds rôles... Ce classement a-t-il un sens?
Actrices parfois intégrées au système hollywoodien mais que je considère comme avant tout européennes:
Elisabeth Bergner (nommée aux Oscar pour Escape Me Never, un film britannique),
Danielle Darrieux (mémorable dans 5 Fingers, mais nettement plus en forme dans Le Plaisir et Madame de...),
Wendy Hiller (justement oscarisée pour Separate Tables, mais encore plus prodigieuse dans son pays d'origine avec Pygmalion et I Know Where I'm Going!),
Sophia Loren (citée par l'AFI, mais davantage perçue comme une actrice italienne des 1960's dans mon esprit),
Anna Magnani (Wild Is the Wind & The Rose Tattoo, mais que je préfère dans ses grands rôles italiens),
Simone Signoret (passionnante dans Room at the Top, mais plus encore dans Les Sorcières de Salem, et surtout mythique avec son Casque d'Or sur la tête).
Actrices en partie classiques mais surtout modernes à mes yeux, en particulier parce qu'elles ont donné leurs meilleures performances à partir des années 1960:
Anne Bancroft (The Miracle Worker, The Pumpkin Eater, The Graduate),
Ruth Gordon (bons scenarii pour A Double Life et Adam's Rib, mais qui en tant qu'actrice m'évoque surtout Harold & Maude et Rosemary's Baby),
Julie Harris (qui a bien East of Eden à son actif, quoique je la préfère dans The Haunting et Reflections in a Golden Eye),
Piper Laurie (vue dans Has Anybody Seen My Gal? mais bien meilleure dans The Hustler),
Shirley MacLaine (The Trouble with Harry et Some Came Running n'égalent en rien The Apartment et The Children's Hour),
Geraldine Page (Hondo, mais rien qui soit comparable à Sweet Bird of Youth et Interiors),
Lee Remick (Anatomy of a Murder, mais on est à l'extrême limite des 1960's, période où elle brille dans Days of Wine and Roses),
Jean Seberg (Lilith),
Joanne Woodward (Rachel, Rachel est très supérieur à Three Faces of Eve).
Je n'ai encore rien vu de Norma Talmadge, Dolores del Río ou Ethel Merman. S'il manque d'autres noms attendus, c'est que je n'ai pas encore posé les yeux sur leur filmographie. Par ailleurs, soyez indulgents pour la forme de l'article: j'avais commencé par des notices biographiques pour les premières actrices, puis devant l'ampleur de la tâche, j'ai décidé de réduire les autres paragraphes pour plus de clarté, quoique ayant la flemme de synthétiser les premières notices. Ça ne veut pas dire que je préfère Marlene Dietrich à Greta Garbo, et même dans les cas de notices amplement détaillées, ça n'indique pas une préférence particulière, mais plutôt un regain d'inspiration pour une actrice en particulier. Je me suis également lâché sur les superlatifs, alors évitez de compter le nombre d'occurrences des mots "éblouir", "fabuleux" et consorts... Mais les synonymes se font rares quand on doit parler d'une cinquantaine de personnes.
Ironiquement, la première place se joue entre Bette Davis et Miriam Hopkins, que je n'arrive vraiment pas à départager. Techniquement, Bette a duré beaucoup plus longtemps dans des premiers rôles au sein de films prestigieux, mais Miriam a touché à plus de genres différents et surpasse largement sa rivale dans le registre comique, ce qui me fait grandement hésiter. Quoi qu'il en soit, si mes préférences ultimes vont aux deux
les plus géniales de leur époque, je ne suis pas loin de penser que Barbara Stanwyck mérite le titre de plus grande actrice de tous les temps, car il faut bien l'avouer, elle est la seule à avoir touché à tous les registres possibles avec un brio éblouissant, tout en se maintenant comme actrice de premiers rôles pendant trente ans, qui plus est dans des chefs-d'œuvre. Malgré tout, c'est surtout Joan Crawford qui complète la Sainte Trinité, et Greta Garbo, Marlene Dietrich et Pola Negri sont obligatoirement dans le top 10.
Les stars auxquelles je m'identifie le plus sont: Bette Davis, parce que je suis un garçon intérieurement très mélodramatique, Miriam Hopkins, parce que j'aurais adoré tenir salon à ses côtés, Joan Crawford. parce que je suis totalement maniaque et que je ne supporte pas de voir le moindre objet mal rangé, et Deanna Durbin, parce que je rêve de faire un récital spécial Deanna Durbin: relis cette phrase deux fois si tu es pianiste, trois fois si tu es un riche mécène en manque de musique.
En attendant, j'y vois enfin plus clair dans mon classement, sachant que certaines places sont encore susceptibles de mouvoir. J'attends en retour vos propres stars préférées!